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Prix
La Belgique souvent plus chère
P.Lo
Mis en ligne le 11/03/2010
Les prix des produits alimentaires transformés (lait, beurre, spaghettis et pain) ont augmenté près de trois fois plus vite l’année dernière en Belgique que dans les principaux pays voisins (Allemagne, France et Pays-Bas). La hausse de prix a été très exactement de 1,7 % chez nous contre 0,6 % à l’étranger. Dans un autre domaine, au cours de la seconde moitié de 2009, l’électricité a été de 3 à 6 % plus chère en Belgique que dans les pays voisins, et le gaz naturel, de 15 à 22 % moins cher. Telles sont quelques-unes des conclusions du rapport de l’Observatoire des prix, organisme créé à la demande générale, au printemps 2008, au sein de l’Institut des comptes nationaux. En 2009, le niveau moyen des prix à la consommation est resté pratiquement stable en Belgique, relève le rapport. Tandis que l’inflation s’élevait encore à 1,6 % au premier trimestre, les prix moyens des biens et des services étaient, dès le deuxième trimestre, moins élevés qu’un an auparavant. L’inflation a été temporairement négative, jusqu’au mois d’octobre 2009.
Tout comme en 2008, le profil de l’inflation a surtout été déterminé par l’évolution des prix énergétiques. Après la flambée en 2008, le consommateur a dû nettement moins débourser en 2009 pour sa consommation d’énergie (14 %). La baisse a surtout concerné les carburants et le mazout, même si le gaz naturel et l’électricité sont également devenus moins onéreux. Contrairement aux cotations des produits pétroliers, les prix de l’électricité et du gaz naturel ne sont pas revenus à leurs niveaux de début 2007. Il faut en chercher les causes dans les augmentations successives des tarifs de distribution et dans les adaptations des formules tarifaires effectuées par plusieurs fournisseurs de gaz naturel. En augmentant le terme constant dans leurs formules tarifaires, ces derniers se sont assurés, en toutes circonstances, d’un niveau de prix plus élevé à payer par le consommateur que celui qui aurait été d’application sans cette adaptation, souligne l’Observatoire des prix.
L’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des mouvements des prix énergétiques et des produits alimentaires non transformés, s’est chiffrée en 2009 à 2 % contre 2,7 % un an auparavant. Le ralentissement de l’inflation sous-jacente, entamé en novembre 2008, a perduré et atteignait encore 1,4 % fin 2009. Motif d’inquiétude : pour la deuxième année consécutive, l’inflation sous-jacente a été supérieure à celle enregistrée en moyenne dans les trois pays voisins.
Les prix des services ont progressé quant à eux de 2,6 % entre 2008 et 2009, apportant de la sorte la contribution positive la plus importante (1 %) à l’inflation. Fin 2009, les prix à la consommation pour les services ont toutefois progressé moins rapidement qu’au premier trimestre.
Pour les produits alimentaires transformés, le consommateur a payé en moyenne 1,7 % de plus qu’en 2008, lorsque les prix avaient déjà augmenté de 7,8 %. Les prix moyens dans ce groupe se situaient ainsi bien au-dessus du niveau de début 2007, lorsque les prix des matières premières ont commencé à croître. Entre-temps, la plupart des cotations des matières premières alimentaires ont retrouvé leur niveau de début 2007, voire sont descendues en dessous.
Nul doute que ce rapport sera abondamment commenté, notamment par les partenaires sociaux. D’après Philippe Defeyt, économiste à l’Institut pour un développement durable et spécialiste de la problématique, les chiffres publiés prouvent que la création de l’Observatoire des prix était "pleinement justifiée". L’expert note toutefois que ce n’est pas la première fois que les divergences mises en exergue par l’étude se manifestent.
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