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Distribution
Carrefour évitera-il la grève ?
C.M.
Mis en ligne le 11/03/2010
Mercredi matin s’est tenu, chez Carrefour, le troisième conseil d’entreprise depuis l’annonce, le 23 février dernier, d’un plan "de restructuration" selon les syndicats, "de sauvetage" selon la direction, qui pourrait voir, entre autres, la fermeture de 21 des 117 magasins que le groupe français compte en propre en Belgique, et donc la perte de 1 672 emplois.
Comme lors des deux premières réunions, la semaine dernière et lundi, la direction est revenue hier sur son plan de relance commerciale et a répondu aux questions posées par les délégations syndicales.
Principalement aux quatre questions dont, de la réponse, dépend la levée ou non du mot d’ordre de grève générale prévue ce week-end. Dans un communiqué, Carrefour indique que Gérard Lavinay, l’administrateur délégué de Carrefour Belgium a "tout d’abord réitéré sa confiance dans l’équipe de direction actuellement en place". Il a précisé être "disposé à étudier avec les représentants du personnel toute solution alternative à un changement de commission paritaire [ ], pour autant qu’elle permette à l’entreprise de réaliser les économies durables qu’elle doit faire pour assurer sa pérennité". Plus précisément en matière d’emplois, Gérard Lavinay "s’est engagé à débattre, lors de la phase des négociations, d’une garantie de volume d’emploi. Dont il faudra définir les contours en tenant compte des autres éléments essentiels du projet". Deux autres conseils d’entreprise sont d’ores et déjà prévus. Celui du 15 mars sera consacré à l’analyse "en profondeur et dans le détail" du plan de relance commerciale. Celui du lendemain doit répondre aux questions qui n’ont pas été abordées sur la septantaine posée par les syndicats.
Ce jeudi, les représentations syndicales exposeront l’avancement des discussions à leurs bases respectives, puis, en front commun syndical, décideront de la marche à suivre. "Nous avons reçu des réponses partielles, indique Myriam Delmée (Setca). Nous ne pouvons, à ce stade (mercredi soir, NdlR), préjuger de rien, et donc dire si oui ou non on restera dans le schéma de la grève générale", à l’instar de celle du 6 mars (fermeture des 117 magasins du groupe). "Tout est possible, confirme Irène Pêtre (CNE). Je ne peux pour l’heure me prononcer. Mais la confiance n’y est pas". "La direction demande un acte de foi dans le redressement de l’entreprise en ne mettant sur la table que les tests effectués à Lier et en cours à Fléron, commente-t-elle, soit des expériences très limitées en nombre et dans le temps. Et le fait que Gérard Lavinay reconnaisse les erreurs du passé ne fait pas l’affaire des délégués. Chaque nouveau PDG (il y en a eu 4 en 10 ans, Ndlr) l’a fait, sans véritable résultat". Et de préciser que les éléments reçus à ce jour concernant la rentabilité des 21 magasins susceptibles de fermer restent "légers". Difficile de prédire si, après analyse plus pointue, certains pourraient échapper au couperet. "Je n’y crois pas trop, conclut Irène Pêtre. Si oui, cela va rester à la marge". Traduction : 20 plutôt que 21.
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