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Distribution | Conflit social chez Carrefour

Carrefour: Une seule voix, plusieurs vibrato

C.M.

Mis en ligne le 12/03/2010

Pas de grève générale mais peut-être des débrayages spontanés.

Pas de grève ce week-end. C’est ce que les syndicats de Carrefour, en front commun, ont décidé jeudi après-midi. Non sans affirmer haut et fort que cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas, à l’avenir, d’autres actions aussi musclées. Et également qu’il pourrait y avoir des débrayages spontanés, voire des fermetures qu’ils couvriront.

Les syndicats manifestent, par contre, des sensibilités différentes par rapport aux réponses données mercredi par Gérard Lavinay (voir "LLB" du 11/03). "Des réponses de Normand", indique le Setca dans une lettre ouverte qu’il lui adresse, se demandant s’il peut en être autrement, puisque c’est la région d’origine du patron de Carrefour Belgique

Le syndicat socialiste y rappelle tout d’abord que ce ne sont pas 1 672 personnes qui sont concernées par le licenciement collectif mais "au minimum 3 500". Il dit ne pouvoir accepter qu’il réitère sa confiance à l’équipe en place alors qu’à maintes reprises celle-ci a fait de grossières erreurs. "Si nous restons autour de la table, c’est dans l’espoir que vous ferez à terme le ménage." Concernant la volonté de Carrefour de changer de commission paritaire ? "Vous n’êtes pas là pour faire du shopping au sein des commissions paritaires. Vous n’avez pas le choix !" Et d’insister sur le fait qu’il faut donner du temps au groupe de travail qui planche sur une harmonisation. Pour ce qui est de la garantie du volume d’emploi, le Setca demande des réponses notamment "sur le deal avec Mestdagh et sur la réelle possibilité de maintenir, dans le giron de Carrefour en intégré, des magasins que vous avez condamnés". Si le Setca n’a pas évoqué l’intérêt potentiel du groupe Delhaize pour certains magasins à céder, c’est que celui-ci n’en a exprimé l’idée que jeudi matin, lors de la présentation de ses résultats annuels (voir page 29). Sur le projet commercial, enfin, le Setca demande qu’il soit "crédible" et "durable" tout en ajoutant que ce n’est pas à eux, syndicats, de le cogérer : "le commerce, c’est votre job !" conclut-il.

"Le Setca attend plus que nous de ce genre de réponses", indique Irène Pêtre, permanente nationale CNE. "Cela ne veut pas dire qu’il y a désaccord. Le plan est drastique, c’est sûr, même si Carrefour a sans doute grossi la somme qu’il vise à économiser pour se donner une marge de manœuvre. Il n’est pas impossible qu’il revienne sur certains aspects de son plan, mais ce sera marginal. Comme par exemple de transformer tel hypermarché en supermarché, plus petit."

Quant au "cynisme" du groupe de distribution qui, mercredi, a justifié la fermeture de magasins du Hainaut parce qu’il y a trop de chômeurs au lieu de le commenter, elle préfère rebondir sur ce thème : "C’est heurtant, mais c’est un raisonnement capitaliste qui tient la route. Alors plutôt que de décrier le fait que les travailleurs coûtent trop cher, il est temps d’arrêter de diminuer leur pouvoir d’achat."

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