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Finance

Grèce : l’Europe discute sans décider

Ph.G. (avec AFP, Reuters)

Mis en ligne le 16/03/2010

L’Eurogroupe a parlé de la Grèce mais aucune décision politique n’était attendue.

Les pays européens restent divisés sur l’adoption d’un plan d’aide à la Grèce. En difficulté budgétaire, celle-ci a dû adopter des réformes drastiques, sous la pression des autres États membres, pour apaiser les inquiétudes des marchés à propos de sa capacité à rembourser ses dettes. Mais la Grèce reste sous surveillance étroite et continue à inquiéter les investisseurs, ce qui la contraint à emprunter à un taux élevé sur les marchés financiers.

Dès lors, l’idée d’un soutien apporté par les autres pays de la zone euro circule. On évoque aussi la possibilité de créer un "fonds monétaire européen" (FME). L’Eurogroupe, qui a réuni les ministres des Finances de la zone euro de façon informelle lundi en prélude au conseil Ecofin de ce mardi, a abordé la question d’un dispositif d’aide financière à la Grèce. Mais aucun accord politique n’est attendu à ce sujet, notamment à cause des réticences de l’Allemagne. Quant au FME, les ministres européens ne devaient même pas en parler

Pourtant, la présidence espagnole de l’Union européenne avait jugé lundi "souhaitable" qu’un accord puisse être trouvé par les ministres des Finances de la zone euro sur les modalités d’un plan d’aide à la Grèce, pour lequel la Commission européenne a préparé des propositions. Il est "souhaitable" d’arriver à une solution pour la Grèce lors de cette réunion des grands argentiers de la zone euro, a déclaré à la presse la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, à son arrivée à Bruxelles. Elle a précisé que des garanties apportées par les partenaires de la Grèce à des emprunts obligataires réalisés par le gouvernement grec constituaient "une des options" pour soutenir Athènes. "Mais ce n’est pas encore décidé", a ajouté la ministre, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

"La Grèce n’a pas demandé une aide concrète pour le moment; évoquer des montants maintenant est très prématuré", a-t-elle ajouté, alors que des sources diplomatiques évoquent une enveloppe de 20 à 25 milliards d’euros. Plombée par une dette de 300 milliards d’euros, la Grèce doit emprunter cette année environ 54 milliards d’euros pour se refinancer, dont 20 milliards d’ici mai.

Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a confirmé que "plusieurs options seront discutées" lundi. Le 11 février, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE "nous ont demandé de trouver une solution faisable si nous devions en avoir besoin", a-t-il rappelé. Toutefois, "je ne crois pas que nous en ayons besoin", a ajouté le président de l’Eurogroupe. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a indiqué pour sa part que "la Commission est prête à présenter une proposition en vue" de mettre en place "un mécanisme européen d’assistance coordonnée et conditionnelle" à la Grèce. "Nous allons discuter de la manière de préserver la stabilité financière de la zone euro", a-t-il ajouté, sans rentrer dans les détails.

Mais côté allemand, on est plus pessimiste. Les ministres des Finances ne prendront pas de décisions politiques sur une aide à la Grèce, a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand. "Aucune décision politique ne sera prise", a-t-il déclaré lors d’un point de presse habituel, ajoutant qu’Athènes n’avait pas sollicité l’aide des autres membres de la zone euro.

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