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finance

Aider la Grèce? S’il le faut. Comment? On verra

Mis en ligne le 17/03/2010

Les Etats de la zone euro pourraient lui accorder des prêts bilatéraux. Si nécessaire.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept avaient déclaré le 11 février dernier qu’ils prendraient, si nécessaire, des mesures "déterminées et coordonnées" pour aider la Grèce à assainir ses finances publiques.

Les grands argentiers de l’Union ont approuvé, mardi, à Bruxelles, les modalités de cette éventuelle aide, définie la veille par l’Eurogroupe.

On dit bien "éventuelle aide" puisque, comme l’a précisé la ministre espagnole des Finances Elena Salgado, actuelle présidente de l’Ecofin, "la Grèce n’a demandé aucune aide". Pas d’aide financière, en tout cas. "Nous n’avons pas besoin d’argent", a confirmé le Premier ministre grec Georges Papandreou à Budapest, où il rencontrait son homologue hongrois Gordon Bajnai. "Nous avons besoin de la solidarité de l’Europe pour combattre les spéculations financières", a dit M.Papandreou, plaidant pour que l’UE se dote "d’instruments financiers pour apporter de la stabilité et de la croissance sur le long terme", comme un Fonds monétaire européen, dont il a été beaucoup question ces derniers temps.

On n’en est pas encore là. Plus prosaïquement, les ministres des Finances se sont penchés "sur les aspects techniques de cette aide", a précisé Mme Salgado. C’est-à-dire? La Grèce, si elle le demande, pourrait obtenir des prêts bilatéraux des Etats membres de la zone euro pour financer sa dette - à un taux autrement plus avantageux que celui de 6 % dont elle doit s’acquitter pour emprunter de l’argent sur les marchés financiers.

Pour le reste, les Vingt-sept n’ont guère été diserts sur le montant de cette aide, pas plus que sur le taux d’intérêt qui serait pratiqué, ni du calendrier. Au grand dam des autorités grecques, qui auraient souhaité y voir plus clair. "Nous attendons de voir comment va évoluer l’action de l’Union européenne [ ] Nous espérons que les autres pays de l’UE feront leur devoir pour mettre en œuvre le principe de solidarité", a déclaré le porte-parole du gouvernement grec, Georges Petalotis.

Quoi qu’il en soit, la Belgique "est prête à prendre sa part" dans l’action de la zone euro en faveur de la Grèce, a indiqué le ministre des Finances Didier Reynders. Les prêts accordés à Athènes seraient assortis de conditions, a ajouté M. Reynders, laissant entendre que les Etats prêteurs pourraient être rémunérés pour ces prêts.

Le débat n’est pas clos, car au-delà du débat "technique", aucune décision politique sur ce plan d’aide n’a été prise. A la demande de Berlin, le dernier mot sur ce sujet reviendra d’ailleurs aux dirigeants des Vingt-sept lors du sommet européen des 25 et 26 mars.

En attendant, le Conseil a avalisé l’évaluation de la Commission sur l’évaluation budgétaire de la Grèce, qui doit procéder à une réduction drastique de 4 % son déficit public de 12,7 % en 2010. Selon le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn, les mesures d’austérité prises par le gouvernement grec ont mis Athènes "sur la bonne voie". De quoi alléger, un peu, la menace spéculative. Même si les doutes persistent sur sa capacité de la Grèce à faire face à sa dette - en avril et en mai, elle sera confrontée à des échéances de remboursement de quelque 20 milliards d’euros. Ainsi, le spread par rapport au taux du Bund allemand reste élevé - 300 points de base - et l’agence de notation Standard & Poor’s a maintenu la note de la Grèce à BBB +.

OleB (avec Belga et AFP)

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