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DSK: "2010, année difficile"
AvC
Mis en ligne le 18/03/2010
C’est un tableau en demi-teinte qu’a dressé hier Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) lors d’une conférence donnée au Bozar (à Bruxelles) à l’occasion de la remise des insignes de docteur honoris causa par le recteur de l’université de Liège. Devant un parterre de hauts représentants belges et étrangers (Didier Reynders, Melchior Wathelet Senior et Junior, Guy Quaden, Etienne Davignon ), il avait choisi pour thème "la gouvernance économique mondiale et le rôle du FMI". Son discours n’en fut pas moins très concret en particulier sur ce que réserve l’économie mondiale durant les mois à venir.
D’après lui, le retour à la croissance se fera à une "vitesse variable". Aux Etats-Unis, cette croissance est "hésitante" alors qu’en Europe, "ça traîne la patte". Le taux de 1 % attendu dans les pays de l’Union sera "insuffisant" pour espérer que cela permette de faire baisser le chômage. Il est donc "trop tôt pour dire si la crise est terminée", a-t-il expliqué. "L’année 2010 va être difficile aux Etats-Unis et plus encore en Europe". Les gouvernements vont être pris en tenaille entre le besoin de soutenir la confiance de la population par des mesures de relance et les impératifs de rigueur budgétaire.
Quels seront les critères de stratégie de sortie de crise? Dominique Strauss-Kahn en voit deux: quand la demande privée n’aura plus besoin d’être soutenue par la demande publique et quand le chômage aura atteint son pic. "Si on replonge - mais ce n’est pas notre prévision -, je ne sais pas comment on en ressortira", a lâché DSK, soufflant ainsi un peu le chaud et le froid.
L’ancien ministre de l’Economie français a aussi évoqué les grands déséquilibres actuels avec la Chine en surplus et les Etats-Unis en déficit. Toutefois, outre-Atlantique, "les ménages se sont mis à épargner. C’est une révolution absolue". Cela devrait permettre de réduire les déséquilibres. Domique Strauss-Kahn n’a pas manqué de relever une autre question: si les Américains consomment moins, qui va les remplacer? D’où va venir la croissance mondiale? Sa réponse fut claire: il faudra du temps pour que les Chinois et de façon plus générale les pays émergents "arrivent à compenser la perte de consommation". Et de relever quelques chiffres clés: la Chine représente 6 % du produit intérieur brut mondial (PIB), l’Inde 2 %, la Russie 2 %. En tout, les pays émergents représentent 12 % contre 30 % pour l’Union européenne. "Croire qu’on va rebalancer l’un par l’autre est une vaste illusion".
Cela l’a amené à une triple conclusion. Un, il faut continuer la coordination entre pays. Mais cet effort de coordination a tendance à s’amenuiser. Deux, il faut mettre en place une bonne régulation ou plus encore la supervision du secteur financier (qui a surtout failli aux Etats-Unis). Mais, cela s’annonce "compliqué" et cela pourrait prendre des années. "Il existe une idée un peu rêveuse selon laquelle on peut mettre rapidement en place de nouvelles règles", prévient-il. Tout en condamnant au passage ces banquiers qui ont la "facétie" de se distribuer de plantureux bonus. "Pour avancer, il faut un consensus plus fort. Or, il l’est déjà moins", a constaté Dominique Strauss-Kahn.
Trois, il faut repenser la macroéconomie. Exemple: quel est le niveau optimal d’inflation?
La conclusion finale de DSK: le FMI continuera à jouer son rôle. Un rôle qu’il a rempli, selon lui, convenablement pendant la crise en aidant notamment à ce que la coordination entre les différents pays prenne forme.
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