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Union européenne | Finance

Aide à la Grèce : la cacophonie

Mis en ligne le 20/03/2010

L’idée controversée d’une intervention du FMI a été relancée par Berlin.

Dans le très difficile débat de l’aide à la Grèce, l’Allemagne a encore frappé un grand coup vendredi. Elle a indiqué clairement qu’elle "n’exclut pas le recours aux ressources du Fonds monétaire international" . Elle a donc confirmé ce qui se murmurait déjà depuis quelques jours. Elle a ainsi pris une position que ne partagent ni la France ni la Banque centrale européenne (BCE). Elles sont d’avis que les problèmes de financement de la Grèce doivent être réglés au sein de l’Union européenne et non pas par une institution qui a comme premier actionnaire les Etats-Unis.

Toutefois, l’Allemagne, mise sous pression par une population hostile à l’idée de devoir financer les dérapages budgétaires des Grecs, n’est pas seule à penser que le FMI est peut-être la bonne solution. Les Pays-Bas, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni ou même l’Italie envisagent la possibilité d’un recours, au moins partiel, au FMI. Or les seize pays de la zone euro avaient dans un premier temps rejeté cette idée, vue comme un aveu d’échec pour eux.

"Nous sommes partisans de suivre la route du FMI", même si elle "ne suffira pas" et qu’ "une solution parallèle doit émerger de la région" européenne, a indiqué le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager. "Il serait bien que le FMI fasse partie" d’un mécanisme de soutien à la Grèce, reposant sur des aides "bilatérales", a jugé son homologue finlandais Jyrki Katainen.

Même le président de la Commission, José Manuel Barroso, n’a pas écarté cette idée vendredi dans une interview, jugeant que l’important n’est pas le "prestige" mais l’efficacité.

Quant aux Grecs, ils privilégient une solution européenne sans toutefois exclure une intervention du FMI. Jeudi, le Premier ministre grec Georges Papandréou avait déclaré qu’il attendait une vraie proposition d’aide de l’UE lors du Conseil européen qui se déroulera jeudi et vendredi prochain à Bruxelles. Il a clairement invité les chefs d’Etat et de gouvernement à être "à la hauteur" à cette occasion. Une façon de mettre la pression.

En attendant, cette cacophonie n’est pas de nature à apaiser les inquiétudes sur les marchés. L’euro a continué à s’effriter vendredi et les marchés boursiers ont viré au rouge vendredi.

Pour la Grèce, le temps urge, comme l’a fait comprendre M. Papandréou. Elle doit trouver 10 milliards d’euros pour refinancer des obligations qui viennent à échéance en avril et en mai. A l’heure actuelle, elle doit payer environ 6 % contre des taux proches de 3 % pour les obligations allemandes et le papier émanant du FMI.AvC (avec AFP)

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