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Crise de l'Euro
Un mot d’ordre : discipline
OleB
Mis en ligne le 19/05/2010
L’Eurogroupe se hâte avec lenteur pour mettre la dernière main au mécanisme de stabilisation de la zone euro. Les ministres des Finances des Seize se sont quittés, dans la nuit de lundi à mardi, sans avoir finalisé les derniers détails du plan de 750 milliards d’euros (60 milliards d’emprunts levés par la Commission, 440 milliards de garanties des Etats de la zone euro plus 250 milliards mis dans la corbeille par le Fonds monétaire international) élaboré le 9 mai par le Conseil Ecofin.
Ce qui est acquis ? Le special purpose vehicle - l’entité qui gérera les prêts éventuels garantis par les Etats de la zone euro - sera établi en droit luxembourgeois. Mais encore ? "Chaque Etat membre accepte d’offrir une garantie qui ira jusqu’à 120 %" de la part qu’il mettra (3,5 % de la somme, pour la Belgique), précise le ministre belge des Finances, Didier Reynders (MR). Le but étant de donner aux prêteurs des Etats en difficulté les meilleures garanties que le montage leur permettra de récupérer leur argent.
Ce qui reste en suspens ? La manière d’actionner ce mécanisme. Pour qu’un Etat puisse bénéficier de prêts de la part de ce SPV, encore faudra-t-il que tous les pays de la zone euro l’acceptent, à l’unanimité. C’est là que ça coince. L’Allemagne, dit une source européenne, ne souhaiterait donner son autorisation "qu’à la tête du client". Et chaque demande devrait être approuvée par le Parlement allemand, ce qui ne serait pas une simple formalité - alors que le Parlement belge, par exemple, donnerait son blanc-seing au principe de prêts une fois pour toutes. Si nécessaire, "au cas où une décision formelle devait être prise", les ministres de l’Eurogroupe se réuniront à nouveau vendredi à Bruxelles a précisé Didier Reynders - ils seront de toute façon déjà sur place pour la première réunion de la task force sur la gouvernance économique, pilotée par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
En matière de gouvernance économique, justement, on progresse. La proposition, présentée la semaine dernière par la Commission, d’étudier les budgets des Etats membres avant leur adoption par les Parlements nationaux fait son nid, même si elle reste controversée. Le Luxembourgeois Juncker, président de l’Eurogroupe, la juge "vertueuse". Didier Reynders y est également favorable, jugeant toutefois que cette coordination "a plus de sens dans la zone euro que dans l’UE à Vingt-sept".
S’il est en tout cas un sujet sur lequel tout le monde s’accorde, c’est la nécessité de renouer avec la discipline budgétaire. Certains, comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal doivent s’y atteler au pas de charge - ces deux derniers pays ont d’ailleurs pris de nouvelles mesures d’austérité, lundi.
‘Tout le monde ne doit pas consolider ses finances publiques au même rythme. Ce n’est pas la même chose d’avoir un déficit public de 11 ou de 6 % du PIB", rappelle toutefois M.Reynders. La Belgique, pour sa part, veut atteindre la barre du déficit de 3 % maximum fixée par le Pacte de stabilité en 2012 (elle affiche 6,1 % pour 2010) et à l’équilibre en 2015. Les Vingt-sept sont également d’accord pour être plus attentifs à la réduction de la dette publique vers la zone de 60 % du PIB.
Encore faudra-t-il que le Pacte soit mieux respecté que par le passé - et on parle d’une époque antérieure à la crise. Via des incitants ou des sanctions. Ces dernières, dit encore Didier Reynders, "devront être appliquées pour tous", soulignant que la France et l’Allemagne étaient passées entre les mailles du filet au mitan des années 2000.
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