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Énergie | Nucléaire

EDF et Areva forcés à coopérer

Mis en ligne le 29/07/2010

L’Elysée donne un rôle central à EDF dans la filière nucléaire. Silence sur GDF.

Après les revers essuyés à l’étranger par le nucléaire civil français, l’Elysée a décidé de réorganiser la filière nucléaire tricolore en confiant un rôle central à EDF et en le rapprochant de son frère ennemi Areva. L’annonce en a été faite mardi soir par Nicolas Sarkozy, après un Conseil de politique nucléaire qui a examiné le rapport commandé l’an dernier par le chef de l’Etat à l’ancien patron d’EDF François Roussely.

Premier point : "Un accord de partenariat stratégique entre EDF et Areva couvrant l’ensemble de leurs domaines d’activité d’intérêt commun sera mis en place", selon le communiqué de l’Elysée. Dans ce cadre, EDF pourrait prendre une participation au capital d’Areva, qui sera augmenté d’ici la fin de l’année à hauteur de 15 %. Surtout, écrit l’Elysée, "s’agissant de l’exportation des centrales nucléaires, les deux entreprises mettront en place, chaque fois que les besoins des clients le nécessiteront, une organisation s’appuyant sur la compétence d’exploitant et d’architecte-ensemblier d’EDF", comme le préconisait le rapport Roussely. Cet accord "non exclusif" ne remet "toutefois pas en cause la capacité des deux entreprises à coopérer avec d’autres industriels du secteur", souligne l’Elysée. Mais il consacre le leadership historique de l’électricien français EDF, revendiqué depuis des mois par son patron Henri Proglio, sur fond de vives tensions au sein de la filière nucléaire française. Ces dissensions avaient éclaté au grand jour après le cuisant échec d’Abou Dhabi en décembre dernier, où Areva, EDF, GDF Suez et Total s’étaient fait souffler un contrat géant de 20 milliards de dollars. En début d’année, Areva et EDF s’étaient ensuite écharpés sur des contrats de recyclage et d’enrichissement d’uranium. A tel point que le Premier ministre François Fillon avait dû intervenir en convoquant les deux patrons à Matignon, et que le chef de l’Etat avait promis de "mettre de l’ordre" dans la filière. Il ressort du rapport Roussely quinze grandes recommandations, dont trois mesures d’urgence pour remédier aux gros retards pris par les chantiers EPR de Flamanville en France et d’Olkiluoto en Finlande. Le rapport Roussely préconise aussi de "diversifier l’offre française à l’international" et de créer "un ministère de l’Energie". Il ne fait en revanche aucune mention parmi les "leaders" de la filière française de GDF Suez, qui ambitionne pourtant de se renforcer dans le nucléaire.

Un analyste, basé à Paris, estime que le partenariat stratégique entre EDF et Areva imposé par l’Elysée pourrait augmenter "les interférences politiques" chez l’électricien et "limiter" sa capacité à choisir d’autres fournisseurs de réacteurs nucléaires d’Areva dans certaines régions.

La capacité d’Anne Lauvergeon à s’entendre avec le président d’EDF, Henri Proglio, devrait par ailleurs être décisive alors que les deux dirigeants ont multiplié les accrochages ces derniers mois et que des rumeurs d’éviction de la présidente d’Areva ont circulé. (AFP)

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