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Bekaert, vedette incontestée du Bel 20
AvC
Mis en ligne le 31/07/2010
Contrairement à ce que les plus pessimistes pourraient croire, l’indice Bel 20, qui reprend les vingt plus importantes valeurs de la Bourse de Bruxelles, a plutôt bien résisté depuis le début de l’année. Il est même en très légère hausse alors que d’autres indices européens comme le Cac 40 à Paris est en nette baisse.
C’est l’action Bekaert qui est la vedette incontestée du Bel 20 avec une hausse de près de 47 % depuis sept mois. Vendredi encore, elle était dopée par la publication de résultats meilleurs que prévu (lire en pages 20-21). L’entreprise de Courtrai continue à bénéficier de sa stratégie axée sur l’Asie et la Chine en particulier, où elle réalise maintenant 80 % de ses résultats. L’opérateur télécoms flamand Telenet affiche aussi une très belle performance (21 %) liée à de bons résultats mais aussi au remboursement d’une partie du capital, explique Xavier Servais, gestionnaire de portefeuille chez Dresdner Van Moer Courtens.
Dans le trio de tête, on trouve KBC qui a sans doute profité d’une politique de cessions d’actifs à des prix corrects et aussi (mais dans une moindre mesure que Dexia) des résultats positifs des stress tests auxquels ont été soumises nonante et une banques européennes. Parmi les gagnantes, signalons AB InBev et Colruyt qui, malgré une météo boursière orageuse, continue à se porter comme un charme. Le distributeur belge se distingue grâce à une croissance constante de ses résultats (+ 8,5 % du chiffre d’affaire alors que la croissance du Produit intérieur brut en Belgique n’atteint pas les 2 %). Xavier Servais relève, met en avant un système de vente bien rôdé, une informatique sans faille, un personnel motivé et peut-être aussi une politique de bas prix particulièrement percutante en ces temps de crise économique.
Du côté des plus mauvaises performances, c’est l’assureur Ageas (ex-Fortis) qui vient en tête avec une dégringolade de 17 %. "Cette baisse est difficile à expliquer si l’on excepte peut-être l’exposition du groupe à la dette des pays méditerranéens, et grecque en particulier" , poursuit Xavier Servais.
L’action UCB s’inscrit, elle aussi, nettement dans le rouge. En cause quelques contretemps pour l’un ou l’autre médicament, la prolongation de certaines périodes de tests aux Etats-Unis et peut-être aussi une valorisation du titre jusque-là assez élevée par rapport à la moyenne du marché.
GDF Suez (maison-mère d’Electrabel) fait aussi partie des lanternes rouges. Tout d’abord, l’action souffre du désintérêt des investisseurs pour ce secteur : l’indice des "utilities" a, en effet, baissé de 11 % depuis début 2010. Comme de nombreuses consœurs, l’action pâtit de la crainte des investisseurs d’une intervention de l’Etat en cette période de lourds déficits budgétaires, qui leur impose à chercher les milliards là où c’est possible. La Belgique a, on le sait, en quelque sorte donné le ton en imposant "une taxe nucléaire" de 250 millions d’euros en 2008 et en 2009. L’Allemagne s’est montrée encore plus gourmande en annonçant en juin dernier sa volonté de lever 2,3 milliards d’euros sur les producteurs nucléaires à partir de 2011.
A noter aussi que le géant énergétique français EDF a encore plus souffert que GDF Suez alors que le président de la République, Nicolas Sarkozy, vient de le mettre au centre de la réorganisation de la filière nucléaire dans l’Hexagone. Au point même où on pourrait se demander dans quelle mesure l’accent mis sur EDF qui pourrait entrer dans le capital d’Areva ne se fait pas au détriment de GDF.
Xavier Servais reste néanmoins positif sur une valeur comme GDF Suez, un groupe présent dans des pays prometteurs comme le Brésil. "Je crois qu’il y a un potentiel important. Il fait partie des principales compagnies d’électricité" , souligne le gestionnaire.
L’action GBL, le holding d’Albert Frère, affiche aussi une piètre performance pas seulement à cause de la baisse de l’action GDF. Elle souffre également des difficultés rencontrées par une autre filiale, à savoir Lafarge qui a révisé à la baisse vendredi ses estimations dans le ciment.
Hors Bel 20, signalons le rebond de Picanol (+ 204 %), qui après une période noire a signé quelques contrats, ou encore Recticel (+ 54 %) qui profite notamment de la bonne tenue du secteur automobile.
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