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Un nouveau modèle de travail pour les émetteurs

P.V.C.

Mis en ligne le 18/08/2010

Le passage au tout électronique est une révolution pour le secteur.

Les deux émetteurs traditionnels de titres-repas (notamment) en Belgique sont déjà prêts à la révolution électronique. Leurs futurs concurrents aussi, qui affûtent leurs armes dans l’ombre. Mais, sans connaître précisément les règles du jeu et sans savoir quand et comment ils seront agréés, il leur est difficile de se positionner ouvertement, et de dévoiler leur stratégie. Cela étant, les contacts sont en cours avec les partenaires commerciaux et, apparemment, les nouveaux venus misent essentiellement sur le facteur "coût" qui intéresse surtout les commerçants. C’est que le titre-repas traditionnel est une industrie qui demande un suivi administratif important et une logistique coûteuse. Chaque année, les émetteurs doivent imprimer quelque 250 millions de titre-repas, en assurer le suivi et le remboursement dans les délais prescrits par la loi. "Aujourd’hui, il est clair qu’une partie de nos revenus est assurée par les revenus des montants en attente, et par le produit des titres perdus ou périmés", explique Philippe Symons (Sodexo). "Mais ces revenus vont disparaître avec le nouveau système. Le législateur a imposé un versement très rapide (en deux jours) des montants aux bénéficiaires. Vous le savez, le titre-repas électronique sera disponible sous la forme d’une carte de paiement alimentée chaque mois. On est ici, pour nous, dans un environnement tout à fait différent. En lieu et place d’un système basé sur l’impression et la distribution de titres papier, on passe à la gestion d’une infrastructure électronique. C’est vraiment un autre modèle, mais nous y sommes prêts et nous avons déjà mis en route un système pilote dans trois entreprises, dont la nôtre, histoire de sensibiliser notre personnel aux défis de ce nouveau produit."

On peut comparer ce système à celui des cartes de débit actuelles ? "Du point de vue de l’utilisateur, oui. Et d’ailleurs, nous travaillons avec Atos Worldline qui est à la base du système de paiement Bancontact-MisterCash. Mais le cadre légal est différent."

Quid du comportement du consommateur ? "Il va changer du tout au tout, comme nous l’apprend notre expérience du titre électronique acquise à l’étranger. Aujourd’hui, le titre-repas est souvent dépensé au plus vite, pour ne pas risquer d’oublier ces titres et en perdre le bénéfice. Mais avec les titres électroniques, c’est tout différent puisque les consommateurs ont l’habitude de régler leurs achats avec une carte chez les détaillants. On devrait donc assister ici à une utilisation plus souple, lors du paiement des repas, des sandwiches, etc."

Et la concurrence ? Ici, on est plutôt focalisé sur les attentes des commerçants. "Le coût de la transaction avec les cartes des deux acteurs actuels serait deux à trois fois plus élevé que celui d’une carte de paiement normale".

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