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Politiques des grandes villes
Fêtes de Gand, fêtes géantes
Pierre Gilissen
Mis en ligne le 21/08/2010
On n’échappera pas aux superlatifs. Les Fêtes de Gand (Gentse Feesten), ce sont plus de 3 000 activités mises sur pied par plus de 350 organisateurs dans toute la ville pendant dix jours. "C’est la plus grande fête populaire d’Europe", affirme sans ambages l’échevin Lieven Decaluwe (ProGent), qui a à la fois les festivités, la culture et le tourisme dans ses attributions.
Au total, la dernière édition - la 167e du nom, excusez du peu - a attiré, du 17 au 26 juillet, entre 1,5 et 1,8 million de spectateurs. Difficile à chiffrer puisque tous les podiums en plein air sont libres d’accès.
Les festivités sont centrées sur une dizaine de points de ralliement (les places St-Jacques, St-Bavon, le Korenmarkt, le parc Baudelo ).
Chaque lieu correspond à un genre (chanson flamande au Korenmarkt et musiques du monde à St-Jacques par exemple) et à un organisateur - généralement une ASBL - qui, au-delà des subventions accordées par la Ville, doit assurer la viabilité financière de sa présence en traquant les sponsors, via la vente de boissons, etc.
A ces podiums s’ajoutent une multitude d’activités indoor, payantes celles-là. Cette année, environ 50 000 tickets ont été vendus pour des spectacles, notamment du théâtre.
En tout, six festivals s’inscrivent dans le contexte des Fêtes, allant du théâtre de rue (MiraMirO) au jazz (Ghent Jazz Festival) en passant par la techno (10 Days off, organisés par le Vooruit).
Et la municipalité dans tout ça ? En fait, en termes de subventions, son apport est relativement modeste : environ 1,25 million sous forme de subventions aux organisateurs et aux artistes, dont un peu moins de la moitié est récupéré sous forme de recettes.
Les recettes en question, ce sont les taxes payées par l’Horeca pour agrandir temporairement ses terrasses, et les droits payés par les tenanciers des différents stands proposant de la nourriture ou des boissons sur le site (les emplacements font l’objet d’une adjudication).
A titre de comparaison, le budget annuel de la ville pour la culture (auquel les Fêtes n’émargent pas : à Gand, il y a un budget festivités séparé) se monte à 38,4 millions.
Les recettes réalisées par l’Horeca sont certainement elles aussi d’une autre ampleur. Pas de chiffres récents ni précis en la matière, mais une étude réalisée en mars 2004 par la KULeuven évaluait les consommations vendues à l’occasion des Fêtes à 31 millions et la TVA correspondante à 6 millions. Fiscalement, les Gentse Feesten rapportent donc bien plus à l’Etat fédéral qu’à la Ville, sans parler de l’impact en termes d’emploi.
Et pour être complet, en termes d’investissement de la Ville de Gand, il faut tout de même ajouter d’autres paramètres, à commencer par les centaines d’heures de travail effectuées par la police, les pompiers, les services techniques et d’environnement. La même étude de 2004 estimait en réalité à 2 millions l’effort total fourni par la municipalité.
Cela reste néanmoins une paille, et d’autres grandes villes louchent sur le succès gantois. Lieven Decaluwe : "Pendant les Fêtes, je préside tous les matins une réunion de coordination avec une moyenne de 35 personnes : représentants d’Ivago (intercommunale en charge de la propreté urbaine), de De Lijn, de la Croix-Rouge, des services de santé, de l’Horeca, du service mobilité Cette année, une dizaine de bourgmestres d’autres villes sont venus assister à l’une ou l’autre de ces réunions."
Bref, les Fêtes de Gand sont une affaire qui roule, mais qui occupe la municipalité presque toute l’année. "Ce vendredi 20 aôut, il y a déjà un point sur l’organisation de la prochaine édition à l’agenda du collège. Et dès octobre-novembre, on sera en plein dedans."
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