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Wallonie | Emploi

Départ accru de seniors

Ph. Law.

Mis en ligne le 04/09/2010

Une étude d’Agoria indique que 2 171 travailleurs âgés sur 8 476 quitteront leur emploi en 2020 sur Liège-Luxembourg.

Si, d’après les indicateurs, les entreprises wallonnes semblent avoir mieux traversé la crise, l’avenir ne s’annonce pas sous de bons auspices pour le marché de l’emploi (voir notre dossier dans "La Libre Entreprise"). Une analyse prospective réalisée par le Laboratoire d’études sur les nouvelles technologies, l’innovation et le changement (Lentic/Université de Liège) cible les enjeux auxquels sera confronté le secteur de l’industrie technologique à l’horizon 2020. Elle a été réalisée entre septembre et décembre 2009 sur la zone Liège-Luxembourg pour Agoria Wallonie. Cent questionnaires ont été soumis en face-à-face à des directeurs d’entreprises ou à des responsables de production. Les résultats dont "La Libre" a eu connaissance révèlent qu’en moyenne, le secteur devra faire face au départ de 25,6 % à 27,6 % de travailleurs âgés, soit environ 2 171 travailleurs sur un total de 8 476 pour la seule zone de Liège-Luxembourg. D’après les experts du Lentic, "ces estimations sont tout à fait cohérentes avec celles réalisées par Luc Sels pour l’ensemble de la Région wallonne (quels secteurs d’activités subissent la pression démographique ? Une comparaison Wallonie-Flandre, Acerta, 2008)".

Ce sont les secteurs de la maintenance industrielle, l’usinage et le contrôle de pièces mécaniques ainsi que celui de la préparation et du soudage d’éléments métalliques qui seront les plus touchés avec le départ respectivement de 31 %, 28,6 % et 25,9 % de leurs effectifs. Près de 84 % des entreprises constatent que les nouveaux types de congés (interruption de carrière, temps partiel pour mieux concilier vie privée et vie professionnelle, crédit-temps) concernent en particulier les seniors (84 %) et les plus qualifiés (63 %). Les employeurs pensent dans leur grande majorité que les ouvriers accepteront volontiers de prester des heures supplémentaires. Deux tiers des entreprises seront confrontées à une pénurie de mains-d’œuvre qualifiée et 40 % des répondants évoquent des problèmes de vieillissement. "L’étude de Lentic est une source d’informations pour le plan d’actions de notre centre de compétences, Technifutur. Elle vient confirmer nos orientations, notamment en matière de gestion des compétences. Elle nous incite à prolonger notre action dans deux directions : investir dans les métiers classiques de base (usinage, etc.) tout en s’ouvrant aux nouvelles technologies de l’information et de la communication", nous a confié Georges Campioli, directeur général d’Agoria Wallonie.

En effet, 90 % des chefs d’entreprises s’attendent au maintien des métiers traditionnels de maintenance et de fabrication. Le développement durable est perçu comme une contrainte pour la moitié des entreprises et une opportunité à saisir pour l’autre moitié. Sur ce plan, pour le Lentic, "un forum d’échanges de bonnes pratiques pourrait être organisé au niveau du secteur sous la forme de rencontres thématiques et/ou d’un site web consacré à ces questions de manière à renforcer leur prise en compte par les entreprises".

D’après le laboratoire, pour faire face à la pénurie du personnel, les entreprises doivent être de plus en plus attentives aux exigences croissantes de la main-d’œuvre en termes de motivation, de rémunération et d’aménagement du temps de travail. Il recommande à cet effet une professionnalisation de la gestion des ressources humaines (GRH). Il semble que les actions de "marketing" du secteur ont moins d’impact pour attirer la main-d’œuvre. Il faut donc agir au niveau des entreprises elles-mêmes et des filières de formations professionnelles pour attirer de nouvelles compétences. Le Lentic invite le secteur à formaliser davantage les compétences des "sortants" et à mutualiser celles des seniors. Il n’hésite pas à parler d’un "électrochoc", nécessaire pour faire évoluer la formation. Pour ce faire, il suggère de développer une offre attractive en matière d’e-learning et de mettre en place des parcours sur mesure, notamment dans les métiers de la maintenance industrielle. Il prône aussi des partenariats avec les sociétés d’intérim pour des actions de développement des compétences à l’attention des nouveaux entrants sur le marché du travail.

Sur base des réponses des sondés, il ressort que les entreprises auront moins recours à la sous-traitance pour se tourner plutôt vers la co-traitance (association momentanée d’entreprises pour la mise en place d’activités communes) et le co-sourcing (recours à des partenaires externes tout en maintenant des ressources internes pour la réalisation de certaines fonctions).

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