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La FGTB en force contre l’Europe libérale
V.R.
Mis en ligne le 25/03/2011
La FGTB réunit quelque 15 000 personnes à Bruxelles pour réclamer une Europe “plus solidaire”. Des incidents ont émaillé la dislocation du cortège.
Les organisateurs ne voulaient sans doute pas cela. Mais ils ne pourront rien y faire : l’image de la manifestation menée ce jeudi à Bruxelles par la FGTB qui marquera le plus, c’est celle de ce petit groupe d’agitateurs qui a nargué la police deux heures durant à l’entrée de la zone neutre.
Ils n’étaient pourtant que quelques dizaines. Des francophones et des néerlandophones. Certains affichant leur appartenance à la centrale des métallos. D’autres, parfois très jeunes, manifestement membres de divers groupes anarchistes. D’autres encore sans signe de reconnaissance particulier, mais fort imbibés. Les plus excités voulaient en découdre. Le visage masqué par un foulard pour tenter d’échapper à la vigilance des policiers en civil, ils descelleront des dalles du trottoir, puis les projetteront en direction des forces de l’ordre amassées en nombre derrière les chevaux de frise. A intervalles réguliers, trois autopompes entreront en action pour calmer les ardeurs des plus téméraires. Au final, le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Ixelles, Guido Van Wymersch, dénombrera douze blessés légers dans ses rangs…
Le service de sécurité de la FGTB a bien tenté de reprendre le contrôle de la situation. Une rangée de stewards – dans laquelle on pouvait reconnaître Alain Clauwaert, le patron de la centrale générale – a voulu isoler les fauteurs de trouble du reste du groupe. Cela en a irrité plus d’un. “Vous êtes syndicalistes, mais vous faites le boulot de la police”, leur cria un militant.
Les agitateurs se sont finalement retirés après que la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, est venue leur parler. “Vous vous trompez de cible”, leur a-t-elle lâché avant qu’ils ne soient rappelés pour prendre le bus du retour. “Ce genre d’incidents arrive parfois au moment de la dislocation, se désolait la responsable syndicale alors que le calme revenait. Certains en sont à leur quatrième jour de grève. Ils sont à bout.”
La FGTB refusait cependant de laisser ces incidents ternir sa manifestation. Ou plutôt ses manifestations. Car des cortèges s’étaient formés en quatre endroits différents de Bruxelles, perturbant ainsi la circulation de façon démultipliée : de 3 000 à 4 000 manifestants à la place Meiser, 1 200 au rond-point Montgomery, 3 000 à la gare du Nord, 4 000 à la gare du Midi. Pour la police, ils étaient 13 000 au total. Pour la FGTB, 20 000. Le syndicat socialiste est satisfait : il en avait annoncé 10 000.
Différents discours ont été prononcés tout au long de la matinée. Sur la scène installée rue de la Loi, des représentants de syndicats néerlandais (FNV), luxembourgeois (OGBL) et français (Force ouvrière) ainsi que le secrétaire-général adjoint de la CES, Joël Decaillon, ont joint leur voix à celle des dirigeants de la FGTB. Avant cela, des discours avaient été prononcés en différents endroits de la ville. Anne Demelenne avait ainsi profité du passage devant le siège d’Electrabel pour fustiger “les énormes bénéfices” de l’entreprise alors que “les gens voient toujours leur facture d’énergie augmenter”.
Devant les militants venus de la place Meiser et rejoints par ceux du rond-point Montgomery, le secrétaire général de la FGTB wallonne Thierry Bodson a détaillé les raisons de la manifestation. “Le pacte pour l’euro que nous prépare l’Union européenne est imbuvable, a-t-il tonné. C’est une attaque frontale contre le système social que nous, travailleurs, avons construit. On ne touchera pas à l’index. On ne relèvera pas d’un jour l’âge légal de la pension.”
La prochaine échéance, pour les syndicats, ce sont les négociations salariales dans les secteurs. Cela risque d’être chaud. “La FGTB n’a pas signé l’accord interprofessionnel, a clamé Thierry Bodson. Nous ne sommes donc pas liés par la limitation à 0,3 % des hausses réelles de salaires.” A bon entendeur…
© La Libre Belgique 2011Savoir Plus
Trois personnes ont été interpellées pour des délits commis lors de la manifestation syndicale organisée jeudi à Bruxelles en marge du sommet européen, a indiqué vendredi le parquet de Bruxelles. Deux hommes sont suspectés de coups et blessures à l'encontre de policiers et un autre a été interpellé pour avoir tenté d'emporter du matériel photographique de la police. Deux suspects ont été mis à la disposition du parquet.
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