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La croissance en panne un peu partout en zone euro

Mis en ligne le 17/08/2011

Le ralentissement est surtout marqué en Allemagne. Il surprend et complique la donne.

L’information n’est pas de nature à rassurer les marchés financiers qui s’en seraient bien passés : la zone euro a vu sa croissance nettement ralentir au deuxième trimestre. Ceci va compliquer la donne pour résoudre la crise de la dette. La preuve : l’indicateur a pesé fortement sur la tendance mardi.

Selon une première estimation publiée mardi par l’office européen des statistiques Eurostat, le produit intérieur brut de la zone euro n’a augmenté que de 0,2 % d’avril à juin. Un ralentissement légèrement plus fort qu’attendu. Les économistes interrogés par "Dow Jones Newswires" espéraient en moyenne une progression du Produit intérieur brut de 0,3 % au deuxième trimestre. Ce coup d’arrêt était toutefois anticipé, les économistes ne voyant pas la zone euro poursuivre sa croissance au même rythme qu’en début d’année (+0,8 %), en raison de la crise de la dette qui pénalise les plus fragiles.

C’est toutefois l’ampleur du ralentissement en Allemagne, traditionnelle locomotive de la zone, qui a le plus surpris. La croissance allemande a crû seulement de 0,1 % au deuxième trimestre, contre 0,4 % attendu. "C’est une déception sérieuse", a commenté un expert. "Les Allemands non plus ne peuvent pas échapper au ralentissement mondial." Selon les observateurs, ce coup de mou printanier pourrait servir ceux, encore majoritaires en Allemagne, qui refusent de lancer des obligations européennes synonymes de taux d’intérêt plus doux pour les pays en crise, mais plus salés pour Berlin.

Pire, en France, la croissance a été nulle, ce qui devrait entraîner une révision à la baisse des prévisions officielles françaises, selon le quotidien "Les Echos". Autre pays noté triple A par les agences de notation à souffrir : les Pays-Bas ont vu leur PIB avancer de seulement 0,1 % au deuxième trimestre. "Ces chiffres confirment que le noyau dur économique européen n’est pas en mesure de soutenir les pays fragiles de l’Union monétaire, ce qui renforce le risque déjà existant d’éclatement de la zone euro", souligne un analyste.

Même l’Italie et l’Espagne, actuellement dans le viseur des marchés, ont fait mieux : la troisième et la quatrième économies de la zone euro ont vu leur croissance progresser de 0,3 % et de 0,2 % sur la période. Des chiffres toutefois insuffisants pour faire face à la crise de la dette et aux mesures d’austérité exigées par les marchés financiers. La croissance a été nulle au Portugal. Elle a en revanche été meilleure en Finlande (+1,2 %), en Autriche (+1 %), en Slovaquie (+0,9 %) et, last but not least, en Belgique (+0,7 %).

Face à cette série de déceptions et la pression constante des marchés, la marge de manœuvre est étroite pour les dirigeants de la zone euro. Pour rappel, lundi, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, avait appelé les Etats du monde entier, et en premier lieu les économies avancées à "ne pas tuer la croissance" en luttant contre la dette. Quoi qu’il advienne, ces chiffres ne sont pas de bon augure pour le troisième trimestre, même si le spectre de la récession ne menace pas encore...

P.Lo (Avec AFP, Reuters)

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