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Liège vend sa perle logistique

Frédéric Chardon

Mis en ligne le 24/08/2011

Son nom : le Trilogiport, qui associe le transport par rail, par route et par l’eau. Cushman&Wakefield ira chercher des investisseurs jusqu’en Chine.

Le permis définitif n’a pas encore été accordé par le gouvernement wallon mais la commercialisation du Trilogiport de Liège (Hermalle-sous-Argenteau) a déjà débuté. Cette plateforme logistique au bord du canal Albert, qui devrait être achevée fin 2012 au mieux, va associer le transport de marchandises par rail au transport par route et par la voie d’eau (d’où le nom de "Trilogiport"). Economiquement, c’est un dossier phare pour la région liégeoise qui peut compter sur sa situation idéale : on y trouve 60 % du pouvoir d’achat européen dans un rayon de 500 km.

Et pour mener cette commercialisation, le bureau international Cusheman&Wakefield vient de recevoir un mandat pour placer 150000 m2 d’immobilier sur les 200000 m2 qui seront finalement mis à la disposition des entreprises de distribution et de logistique. En Belgique, le Trilogiport est le plus gros dossier du moment pour Cushman&Wakefield. Mais, pas de stress, les espaces immobiliers devraient partir comme des petits pains.

"Nous avons déjà quelques pistes évidemment mais les sociétés prennent leur temps avant de se décider sur un tel investissement, analyse Jack Berben, responsable du département industriel chez Cushman&Wakefield. Elles veulent d’abord être sûres que toute la chaîne logistique fonctionnera parfaitement et avec efficacité. C’est vraiment un point crucial. H&M, par exemple, rencontre le succès en implantant plusieurs magasins dans la même ville et en y proposant des collections différentes. Mais évidemment, ça demande une organisation logistique très pointue."

Plusieurs grandes sociétés internationales pourraient donc venir s’implanter à Liège grâce au Trilogiport. Leur profil : de grandes marques "retailer" qui y implanteraient leur centre de distribution européen ou des sociétés purement logistiques qui géreraient la distribution en sous-traitance. Aucun nom ne circule pour le moment, c’est prématuré. Toutefois, pour Cushman&Wakefield, on lorgne l’Asie. "On vise notamment les entreprises qui travaillent avec des produits venus d’Asie et, en particulier, de Chine, confie Jef Van Doorslaer, responsable des études et du marketing. En octobre, j’accompagne la mission princière en Chine et je compte y présenter les avantages du Trilogiport !" Concrètement, la plateforme multimodale servira de nœud pour la distribution de produits de consommation tels que des vêtements ou des biens informatiques, par exemple, arrivés initialement à Anvers ou à Rotterdam.

Attention, n’importe qui ne peut pas débarquer à n’importe quelle condition. En effet, les terrains appartiennent au Port autonome de Liège et, en échange des concessions, les futures entreprises qui s’installeront le long du canal Albert devront utiliser effectivement les trois modes de transport afin de les valoriser.

Leurs activités devront également être créatrices d’emplois. "C’est une partie de notre mission qui s’inscrit dans le cadre du plan Marshall pour la Wallonie. Plusieurs centaines d’emplois devraient être créées au Trilogiport. Il n’y aura pas que des emplois directs. Par exemple, des activités locales de conditionnement vont devoir être développées pour adapter les étiquettes selon le pays de destination final", affirme Jef Van Doorslaer.

Pour Liège, qui a été identifiée comme la région au top de la logistique en Europe, le dossier est évidemment ultra-stratégique pour parachever son redéploiement économique. A ce sujet, les responsables de Cushman&Wakefield, tous deux néerlandophones, soulignent le volontarisme des Wallons. "La Wallonie et Liège sont dans une "winning mood". Tout le monde est derrière le projet du Trilogiport : le monde politique, l’Awex, le Forem, etc.", note Jef Van Doorslaer.

"En Flandre, il y a une sorte d’évidence de la prospérité qui fait que plus personne ne veut défendre des projets comme le Trilogiport, constate à son tour Jack Berben. Je n’ai pas peur de le dire : on ne se pose même plus la question, on craint le Nimby et les riverains. Il y a un rattrapage de la Flandre par la Wallonie, on le sent bien. La Flandre risque devenir un "fat cat" Le dossier Trilogiport va contribuer à ce rattrapage."

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