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L’index dans le collimateur

Mis en ligne le 31/08/2011

Par Patrick Van Campenhout

Légiférer dans le sens d’une désindexation des salaires ou d’une indexation dégressive au-delà d’un certain montant ? C’est dans ce sens que plaident respectivement les patrons, les libéraux, sans oublier quelques ténors européens opposés à ce régime particulier. Pour les entreprises, la demande est logique : maintenir la pression sur une partie importante des coûts de production permet de conserver ou d’améliorer les marges bénéficiaires. Qu’en pense l’économie belge ? A long terme, elle va devoir compter avec des ménages dont le pouvoir d’achat va reculer lentement, ce qui va peser sur les ventes des entreprises et leurs revenus. Les ménages font tourner la machine économique. Les priver de l’adaptation des salaires à l’augmentation du coût de la vie, c’est les contraindre à faire des choix dans leur mode de consommation. Mais, dit-on, il existe aujourd’hui un risque de voir la flambée des prix de l’énergie créer par le biais de l’indexation des salaires, un effet de "second tour", un cercle vicieux d’augmentation des prix. Un risque ? Même le gouverneur de la Banque nationale s’est montré très prudent sur la question en juin dernier. Interrogé sur la question, il a botté en touche : la BNB étudie la question. Mais, l’évolution des prix, l’inflation mesurée chez nous serait plus élevée que chez nos proches voisins ? Certes, mais on doit y voir la marque du long blocage politique qui a protégé notre pays des mesures d’austérité que l’on a prises ailleurs. Et qu’en pensent les salariés ? La population active est-elle demandeuse de cette modification du système d’indexation actuel ? Si c’est le cas, on entend assez rarement exprimer cette opinion. De leur point de vue, relayé par les syndicats, même le syndicat libéral, il est actuellement hors de propos de toucher à ce système. On a bien compris que l’intervention de Didier Reynders qui a évoqué dans un même entretien la possibilité d’étendre la défiscalisation d’une partie plus large de l’épargne des Belges, est une manière de se repositionner dans le débat politique actuel. Mais il est assez curieux de voir celui qui a porté le principe du décumul fiscal des ménages évoquer celui d’un cumul des revenus des ménages dans le cadre d’une remise en question du mécanisme d’indexation des salaires Interrogé sur la faisabilité d’un tel exercice par les employeurs, le cabinet Reynders est revenu avec beaucoup de mesure sur l’option évoquée par le ministre : il n’y a là qu’une piste brute à étudier, un système à prendre pour ce qu’il vaut, un niveau de revenus à discuter, des frais des ménages à moduler en fonction des situations, des régions, etc. Bref, un chantier à ouvrir avec beaucoup de précautions et qui n’est peut-être pas prioritaire.

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