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Agir pour améliorer les conditions de travail
A.Ma.
Mis en ligne le 20/09/2011
En 1998, 12 000 chaussures de sport usagées, récoltées dans les écoles pendant l’année scolaire, sont déversées sur le parking d’Adidas à Bruxelles. En cause, un défaut de fabrication : la violation des droits des travailleurs qui les ont fabriquées Deux ans auparavant, en 1996, naissait en Belgique francophone la Campagne Vêtements propres. Cette année, elle fête ses 15 ans et c’est une des quinze actions qu’elle rappelle à cette occasion. Et elle s’offre un nouveau nom pour mieux marquer l’élargissement de son champ d’action. Exit la Campagne Vêtements propres -qui conserve son nom dans le nord du pays, Schone Kleren Campagne-, place, désormais, à achACT, Actions, Consommateurs, Travailleurs.
Le point de départ, en 1996 : une campagne d’Oxfam-Magasins du monde sur l’emploi et la dignité humaine au Nord et au Sud. "Il fallait aller plus loin , rappelle Carole Crabbé, qui travaillait pour l’ONG à l’époque et est l’actuelle coordinatrice d’achACT. Cela n’avait pas de sens de parler de cela si on ne créait pas une coalition de syndicats, d’ONG et d’organisations de consommateurs, etc., d’ici et ailleurs, pour discuter et trouver des moyens d’action pour améliorer les conditions de travail dans des secteurs déjà largement délocalisés dans les pays du Sud. Avec la volonté de travailler en plate-forme et en sachant que ce sont les femmes qui constituent la majorité de la main-d’œuvre." Un tel réseau existait déjà, c’était la Clean Clothes Campaign, née aux Pays-Bas fin des années 80. La Belgique est un des premiers pays européens à lui avoir emboîté le pas. Dans le collimateur donc, l’industrie textile et des articles de sport et les conditions de travail dans ses filières d’approvisionnement.
"A l’époque, la réaction d’Adidas a été assez agressive avec intervention de la police, dépôt d’une plainte et le discours d’un représentant commercial de la marque expliquant que ce n’était pas son problème, qu’il était payé pour sortir Adidas du rouge , indique Carole Crabbé qui s’est investie dans la Campagne dès le début. Aujourd’hui, aucune marque ne réagirait comme cela. Dans le secteur du sport, il y a plus que le discours qui a changé." Dans ce secteur, si trois ou quatre grosses multinationales bougent, elles ont tendance à faire bouger l’ensemble des acteurs tandis que le secteur de la mode est plus diffus, plus individualiste. Dernier résultat en date : la signature, en juin, d’un accord entre syndicats indonésiens, industries et marques de sport pour renforcer les droits syndicaux dans les usines.
L’action la plus marquante pour la responsable ? "L’action Pas de soutien pour la dictature birmane qui exigeait que Triumph, marque de lingerie, quitte la Birmanie où elle avait deux usines. La campagne montre clairement que les entreprises profitent de situations de dictature, de mauvaises conditions de travail. L’image de notre campagne - un buste arborant un soutien en fil de fer barbelé, NdlR - a griffé l’image de marque de Triumph." Triumph a quitté le pays.
Cependant, depuis quelques années, la campagne s’est aussi développée au-delà du textile et des vêtements de sport, dans les secteurs du jouet ou de l’électronique. D’où l’idée de trouver un nom qui corresponde mieux à cet élargissement qui sera de plus en plus systématique dans le futur. Qui devrait aussi, à terme, entraîner l’élargissement des organisations (25 actuellement) qu’elle coordonne en Belgique francophone : "En électronique, on va toucher d’autres centrales syndicales chez nous, d’autres partenaires au Sud. Cibler des produits comme les GSM ou les smartphones permet d’atteindre un nouveau public."
Dernière action en date, "le sablage des jeans tue" "avec un très beau résultat au niveau international" , comme le souligne Carole Crabbé. "En Belgique, nous avons ciblé six Trafic et Cora dans la grande distribution, Strelli et Armani dans le luxe, et enfin, Mer du Nord et Diesel. Les trois premiers n’ont pas répondu; Armani s’est engagé à ne pas utiliser le sablage, Diesel aussi; Mer du Nord dit ne jamais y avoir recours et ne pas avoir l’intention de le faire mais sans communiquer publiquement sur le sujet."
Enfin, au programme d’achACT cette année, "un retour sur l’électronique d’ici la fin de l’année et, bientôt, la publication de la deuxième édition de notre brochure de profils d’entreprises en matière de mode" , conclut sa coordinatrice.
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