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La Grèce au bord de l’asphyxie

Angélique Kourounis

Mis en ligne le 27/09/2011

Le gouvernement grec a finalisé son plan de rigueur avant l’arrivée de la Troïka. Les nouvelles mesures d’austérité font un tollé.
Correspondante en Grèce

Les nouvelles mesures d’austérité finalisées ce week-end, juste avant l’arrivée de la Troïka, font mal : baisse de 20 % des retraites de plus de 1 200 euros; ceux qui ont pris leur retraite avant 55 ans voient baisser leur pension pour tout montant supérieur à 1 000 euros; le prix du fuel double; 30 000 fonctionnaires vont être mis en disponibilité d’ici la fin de l’année, 70 000 même selon les déclarations de Théodore Pangalos, numéro deux du gouvernement; la taxe immobilière annoncée il y a quelques jours, et qui devait être valable deux ans, le sera finalement jusqu’en 2014. Enfin, et c’est là que le bât blesse, le seuil de non-imposition passe de 8 000 à 5 000 euros. Ce qui veut dire que ceux qui gagnent 416 euros par mois seront désormais imposables alors que l’église et les armateurs ne paient pratiquement pas d’impôt en Grèce et ne voient pas leur contribution fiscale augmenter.

Evangelos Venizelos avait annoncé qu’il allait rencontrer le milieu des armateurs " pour voir comment ils pourraient aider encore plus le pays " mais pour l’instant on n’en sait pas plus. En visant les bas salaires, le gouvernement veut en fait débusquer les professions libérales qui à chaque fois déclarent le minimum non imposable, mais ce faisant, il frappe les couches les plus défavorisées et avoue par là même son incapacité à cibler en amont les fraudeurs.

Selon la rumeur, l’équipe Papandréou voulait fixer le seuil de non-imposition à 6 000 euros, mais selon la presse grecque, la Troïka ne voulait pas en entendre parler. Une presse extrêmement critique envers ce nouveau tour de vis : " Qu’est-ce qui nous prouve qu’il ne va pas falloir de nouvelles mesures d’ici la semaine prochaine", s’exclame Pavlos Tsimas, journaliste , "à chaque fois on nous dit que c’est la dernière et à chaque fois on en remet une couche".

Pour le patron de la fédération des PME grecques, Vassilis Korkidis " ces mesures sont des mesures de panique dont le seul but est de boucler un budget, pas de sortir le pays de la crise". Cet homme pondéré très respecté par ses pairs n’a pas de mots assez durs pour le gouvernement mais aussi pour les bailleurs de fonds du pays : "Ils doivent accepter que cette crise les dépasse et qu’ils ne savent ni comment la gérer ni comment la résoudre". De son côté le ministre des Finances campe sur ses positions : "La situation est très difficile", a-t-il confié au président de la république à qui il rendait compte de l’évolution de la situation. Peu de temps auparavant il avait demandé le soutien des députés pour mettre en œuvre les réformes " indispensables" pour sortir le pays de la récession.

Dans la rue, les Grecs ripostent par des barrages, de grèves et des manifestations. Le mouvement "Je ne paie pas" a de son côté annoncé tout faire "pour paralyser l’Etat et faire capoter ses nouvelles mesures" . Enfin la fédération des PME a conseillé à ses adhérents de payer leurs impôts mais de déposer en même temps devant les tribunaux une action selon laquelle ils se réservent un recours quant à la légalité de ces taxes. " On est contre le principe du "je ne paie pas", sinon c’est la jungle, s’indigne Vassilis Korkidis, mais on n’est pas capable de payer ces taxes, elles nous tuent !" Quelque 68 000 PME ont déjà fermé et on attend que 150 000 autres entreprises mettent la clé sous le paillasson.

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