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"Il faut recadrer la RTBF"
Pierre-François Lovens
Mis en ligne le 13/10/2011
Les Etats généraux des médias d’information (EGMI) entament ce jeudi une nouvelle étape. Nous sommes à mi-chemin d’un processus destiné à répondre, tant bien que mal, aux défis posés à un secteur chahuté par une série de mutations profondes. Richard Miller est un des participants actifs des EGMI. Désigné au printemps dernier par Charles Michel comme chef de file du MR au sein de ces états généraux, M. Miller connaît bien la matière. "Avant de faire de la politique, j’ai débuté ma carrière professionnelle comme pigiste (NdlR : au "Courrier de l’Escaut" et au "Soir"). C’est un métier et un secteur qui me tiennent à cœur". Aujourd’hui sénateur de Communauté, le Montois a été ministre de l’Audiovisuel et de l’Aide à la presse entre 2000 et 2003.
En guise de préambule, Richard Miller prend soin de mettre en avant la qualité des travaux menés jusqu’ici par les participants aux EGMI. "Ce n’était pourtant pas gagné. Le MR était même assez sceptique. Mais les travaux tiennent la route et nous y participons avec le principe de ne pas se comporter en parti d’opposition." Du premier atelier consacré aux "Acteurs, marchés et stratégies", M. Miller retient fondamentalement la nécessité, face à une situation complexe traversée par les médias d’information francophones belges, de "reconsidérer l’ensemble de l’engagement politique" à l’égard du secteur. "C’est d’autant plus nécessaire que les médias francophones belges, et plus spécifiquement la presse écrite, ont été les victimes d’une succession de réformes institutionnelles" ayant entraîné un émiettement des compétences (entre Région, Communauté et Fédéral) et un affaiblissement des moyens financiers destinés aux médias. Et assez paradoxalement, M. Miller voit dans la nouvelle réforme de l’Etat une opportunité pour rassembler les leviers d’action en faveur du secteur. Nous y reviendrons dans un instant.
Car le cheval de bataille de l’ex-ministre libéral réside avant tout dans la (mauvaise) allocation des investissements publicitaires. "La RTBF, opérateur de service public dont je suis un fervent partisan, bénéficie aujourd’hui de tous les privilèges : l’octroi d’une importante dotation publique, l’accès de plus en plus large aux recettes commerciales et le développement de revenus tirés d’activités sur les nouveaux médias. De par cette multiplicité de financements, la RTBF est naturellement portée à faire concurrence à tous les opérateurs de médias privés. Ce n’est pas acceptable et j’entends casser cette logique commerciale qui voit la RTBF aspirer de plus en plus de recettes publicitaires sans pour autant remplir pleinement ses missions de service public", argumente Richard Miller. Les yeux rivés sur la prochaine renégociation du contrat de gestion de la RTBF, M.Miller espère que le pouvoir politique, dans la foulée des EGMI, aura le courage de "recadrer la RTBF". Le sénateur MR va même jusqu’à plaider en faveur d’une "suppression progressive" de la publicité commerciale à la RTBF.
Outre une réallocation de budgets publicitaires vers les médias privés et une augmentation des aides directes à la presse quotidienne (de 7 à 10 millions d’euros par an) "en raison de l’urgence de la situation", Richard Miller mise de façon plus structurelle sur les opportunités offertes par la nouvelle réforme de l’Etat pour venir en aide au secteur des médias d’information. "Quand on aura tiré tous les enseignements de cette réforme, on constatera qu’elle débouche sur la possibilité, notamment pour les membres du Sénat, d’agir sur des leviers à même d’apporter des réponses - coordonnées avec les autres niveaux de pouvoir - aux défis des médias." Et de citer en exemples le statut fiscal et social des journalistes ou encore les aides au développement des médias numériques.
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