Abonnez-vous a La Libre Belgique

Charleroi touche la rive gauche

Charlotte Mikolajczak

Mis en ligne le 23/11/2011

Ses permis en poche, le projet de centre commercial “Rive Gauche” a débuté sa commercialisation au Mapic. Ouverture prévue fin 2014, début 2015.
au Mapic à Cannes

Les opérateurs du projet "Rive Gauche", le centre commercial qui s’inscrira à Charleroi, dans la Ville Basse, fin 2014 ou début 2015, " au maximum avant Pâques ", espèrent-ils, avaient prévu d’ouvrir leur chasse aux enseignes au Mapic, le marché international de l’implantation commerciale qui s’est tenu à Cannes la semaine dernière.

Ils avaient tout organisé, mais sous une forme assez minimaliste : pas de stand, ni de maquette, pas de conférence de presse, mais un cocktail restreint et une grande affiche placardée sur un immeuble de la Croisette. Mais surtout une trentaine de rendez-vous fixés avec des locataires potentiels auxquels ils se sont rendus tantôt avec leur consultant en immobilier (Cushman & Wakefield) ou leur architecte (DDS & Partners), tantôt avec des représentants de la Ville, tantôt avec les trois.

Minimaliste ? C’est qu’ils espéraient bien avoir leurs permis de chasse en poche, sans en être totalement convaincus. Et ils sont arrivés la veille et l’avant-veille de l’ouverture du Mapic. Leur permis d’urbanisme leur a été signifié le lundi 14 novembre. Leur permis d’environnement le lendemain. Avec leur socio-économique obtenu en mars 2009, ils étaient parés.

Même si Raphaël Pollet, project manager de Rive Gauche, pour la société de développement Saint-Lambert Promotion, reconnaît sans ambages que "les permis sont conditionnés par quelques modifications à apporter aux plans", que la société n’est pas encore "entièrement maître de l’espace sur laquelle elle compte inscrire le Mall" (elle doit encore acquérir 5 % du sol, à l’amiable de préférence, suite à expropriation au besoin) et que " des recours pourraient retarder le lancement du projet".

Il n’empêche, quand on sait que les toutes premières acquisitions datent de fin 2006, début 2007, on peut dire que les choses ont été, jusqu’à présent, relativement vite. Car ce n’est pas d’un terrain vierge - " d’un pré ", sourit Shalom Engelstein, l’un des coactionnaires de la société Saint-Lambert Promotion, avec Eric de Vocht de Robelco - que Rive Gauche émergera. Mais d’un morceau de la Ville Basse, entre la gare et la place Albert Ier, qui incorpore des immeubles de logements, des bureaux, des commerces, dont ceux des Colonnades , voués à la démolition, et le "Passage de la Bourse", galerie classée datant de la fin du XIXe, qui bien entendu sera conservé.

A l’arrivée, un ensemble mixte urbain, qui " tirera son accessibilité de la gare et des transports en commun et servira de lien avec la rue commerciale de la Montagne ", ajoute Shalom Engelstein. Et qui comptera un centre commercial de 31 000 m2 de surfaces de vente (quelque 80 boutiques), auxquels s’arc-bouteront les commerces du Passage que le promoteur n’a pas réussi à acheter (environ 1 500 m2), mais encore un hôtel de standing de 108 chambres (le 4 étoiles dont Charleroi manque), un parking souterrain de 760 places et, sur l’îlot voisin, dit "Buisset", d’autres commerces, des cafés et restaurants (sur 5 000 m2), des logements (9 000 m2) et une auberge pour jeunes. Soit un investissement de quelque 225 millions d’euros.

Le Mall proprement dit bénéficiera de cinq entrées, dont celles du Passage de la Bourse. Il s’étagera sur trois niveaux, du -1 au +1, certaines cellules atteignant le +2 en duplex. La plus grande s’étendra sur 5 000 m2 et accueillera un méga Saturn, précise Raphaël Pollet. Quelques-unes compteront de 1 000 à 2 000 m2, mais la majorité ne dépassera pas 300 m2.

D’ici quelques jours, le nom d’une vingtaine d’enseignes pourra être dévoilé. "Rive Gauche" s’ouvrira sur la place Albert Ier " à laquelle il rendra vie ", indique Christian Sibilde (DDS & Partners). Les façades, dessinées par l’architecte Pierre Lallemand (suite à la défection du Français Rudy Ricciotti, initialement convié par DDS & Partners, la Ville ayant rêvé d’une patte internationale), " mêleront hauteur, transparence et lisibilité. Une immense verrière éclairera la quasi totalité du parcours piéton s", complète-t-il. La Ville de Charleroi, qui a imposé ses points de vue sur cet ensemble multifonctionnel (le niveau des commerces, celui de l’hôtel, la présence de logements ), le défend aujourd’hui fermement. " On a voulu un centre commercial à tendance moyen haut de gamme qui puisse compléter les commerces existants du quartier , indique Ornella Cencig, échevine des Affaires économiques et du Commerce. Un projet ouvert, en liaison avec son environnement. On doit maintenant le faire vivre, lui donner ses chances de jouer la complémentarité." Pas question donc de reparler déjà d’un autre projet commercial à Charleroi - il y en a eu jusqu’à six en compétition dans la ville -, sans qu’il s’agisse d’un véritable moratoire. " Rive Gauche va ramener du public , dit-elle encore, des consommateurs qui s’évadent vers Namur, Bruxelles ou Louvain-la-Neuve. Certaines études font état d’une évasion commerciale de 36 % dans le segment de l’équipement de la personne (vêtements et chaussures). Il y a du pouvoir d’achat à Charleroi." Juste un manque d’offres et d’image. Le nom "Rive Gauche" n’est d’ailleurs pas innocent, référence appuyée au quartier parisien réputé artistique et vivant.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page