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Ces "pauvres" patrons belges
So.B.
Mis en ligne le 14/12/2011
Que gagnent les CEO de sociétés belges cotées ? En chiffres arrondis, on arrive, pour le salaire annuel fixe, à une médiane de 640 000 euros pour les CEO des entreprises du Bel 20 (indice-phare de la Bourse de Bruxelles), de 350 000 euros pour ceux du Bel Mid et de 280 000 euros pour ceux du Bel Small. Tels sont les chiffres dévoilés par l’Executive Remuneration Research Centre de la Vlerick Leuven Gent Management School qui a mené l’enquête auprès de 372 sociétés cotées en Bourse, en Belgique et ailleurs.
La médiane de la rémunération globale est autre. Pour un CEO d’une société belge affichant un bilan global supérieur à 5 milliards d’euros, elle est de 2 275 000 euros. Le CEO français est à 2 600 000 euros, le Hollandais à 2 660 000 euros, l’Allemand à 3 320 000 euros et le Britannique à 4 600 000 euros.
"Le niveau inférieur des salaires en Belgique est surtout imputable à la partie variable de la rémunération", explique Xavier Baeten, responsable du Vlerick Reward Centre. "Il apparaît clairement que si la rémunération fixe résiste à la comparaison, ce sont surtout les bonus qui s’avèrent inférieurs à ceux pratiqués dans les pays voisins. Le Royaume-Uni arrive en tête, les CEO y gagnant deux à trois fois plus qu’en Belgique et dans les autres pays européens considérés dans l’étude. Cette différence ne s’explique pas seulement par le niveau globalement plus élevé des bonus. L’autre explication est l’habitude plus généralisée des sociétés britanniques de faire appel à une rémunération à base d’actions."
L’étude révèle ainsi que le bonus médian est de 61 % du fixe en Belgique, 73 % aux Pays-Bas, 77 % en France, 101 % en Allemagne et de 103 % au Royaume-Uni.
Quant à la rémunération à base d’actions, elle est plus populaire au Royaume-Uni où elle existe dans 89 % des entreprises cotées reprises dans l’étude. Suivent les Pays-Bas (68 %), la Belgique (58 %), l’Allemagne (54 %) et la France (51 %).
Chez nous, ce sont les stock-options qui sont la forme la plus populaire de rémunération à base d’actions. Elles sont cependant surtout courantes dans le Bel 20 (67 % des sociétés sont concernées) et moins dans le Bel Mid (40 %) et le Bel Small (22 %). "De façon générale, la rémunération à base d’actions s’avère moins populaire dans les sociétés cotées en bourse relativement petites, ce qui peut s’expliquer par la crainte de dilution", note la Vlerick dans un communiqué.
Aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France, les entreprises privilégient surtout les actions attribuées en fonction de la réalisation de critères de performances calculés sur plusieurs années.
L’étude de la Vlerick révèle également que les salaires belges ont à peine augmenté par rapport à une étude précédente datant de 2007 : "Au niveau du Bel 20, ils ont même diminué (de 11 %), ce qui résulte surtout des bonus moins élevés octroyés en 2010 par rapport à 2007", explique Xavier Baeten. Les salaires ont par contre progressé dans le Bel Mid (12 %) et le Bel Small (1 %). Dans les sociétés du Bel Mid, le salaire fixe et les bonus ont augmenté dans près de la moitié des sociétés, montre l’étude. Mais "une augmentation de 12 % en quatre ans reste plutôt limitée. Aux Etats-Unis, par exemple, les salaires ont progressé de 12 % en une seule année", note la Vlerick.
Autre constat de l’étude : de plus en plus de sociétés belges publient le salaire de leur CEO. "En 2010, cela n’était pas encore légalement obligatoire mais cela l’est devenu depuis 2011", rappelle Xavier Baeten, qui conclut : "Nous ne pouvons donc certainement pas parler de hauts salaires exorbitants en Belgique. De nouvelles initiatives légales en la matière ne semblent pas (encore) être d’une nécessité immédiate."
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