La Libre.be > Economie > Actualité > Article
L’inflation va se calmer en 2012 et le débat sur l’index s’enflammer
P.D.-D.
Mis en ligne le 15/12/2011
L’inflation devrait atteindre un solide 3,5 % sur l’ensemble de l’année. C’est beaucoup. C’est surtout supérieur à la moyenne européenne, de l’ordre de 2,7 % pour 2011.
La bonne nouvelle, c’est que les choses devraient quelque peu se calmer en 2012, avec un taux d’inflation retombant à 2 % sur l’ensemble de l’année, grâce à une stabilisation attendue des prix de l’énergie.
Les maux du taux d’inflation belge sont connus : ce sont les prix énergétiques et les prix alimentaires, plus élevés que chez nos voisins. "Ce sont des élements très importants et perturbateurs sur l’inflation", note Luc Coene, gouverneur de la Banque nationale de Belgique. "C’est un constat", a-t-il ensuite précisé. "Comment résoudre le problème, c’est une autre affaire", a-t-il ajouté, tout en rappelant que la BNB menait actuellement une étude qui doit, dans les prochaines semaines, faire "une série de propositions pour remédier au problème".
L’inflation, en effet, est le déclencheur de l’indexation des salaires. Bref, plus l’inflation est élevée, plus l’indexation des salaires est fréquente. Logique. Là où cela fait encore plus mal, c’est que le taux d’inflation est moins élevé chez nos voisins et qu’il n’y a pas de mécanisme d’indexation automatique des salaires en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Et là, on en revient à la compétitivité des entreprises. "Après être demeurés stables en 2010, les coûts salariaux par unité produite dans le secteur privé devraient s’accroître fortement en 2011 et en 2012, de respectivement 2,2 % et 2,9 %", relève la Banque nationale de Belgique et ce, sous "l’effet conjugué de gains de productivité plus faibles et d’un accroissement plus rapide des coûts salariaux horaires".
C’est là que les choses se corsent. "Cette progression excéderait significativement celle généralement prévue pour les principaux partenaires commerciaux, ce qui pèse sur la compétitivité des entreprises."
Et d’où vient cette progression plus rapide des salaires belges par rapport à nos principaux partenaires commerciaux ? "Cette accélération marquée résulte très largement de l’indexation automatique des salaires", souligne encore la BNB dans le cadre de ses "Projections économiques pour la Belgique" de cet automne.
Bref, le dossier de l’indexation automatique des salaires a toutes les chances de s’enflammer à nouveau dans un contexte difficile pour les ménages.
Après le coup de tonnerre de la crise financière, les ménages avaient retrouvé leur bel appétit de consommation l’année dernière. La croissance de leur consommation avait même atteint 2,3 %. Pour cela, il n’y a pas de secret : les ménages belges avaient plutôt acheté qu’épargné. Les choses se sont calmées en 2011, avec une progression de 1 % de la consommation des ménages, soit un taux identique à l’évolution du pouvoir d’achat.
L’année 2012 ne s’annonce guère brillante dans ce domaine. Certes, le revenu disponible va croître de 1,2 %, selon la BNB. Mais les Belges vont à nouveau privilégier leur bas de laine : le taux d’épargne devrait atteindre 17 %, soit un taux supérieur à celui observé de 2000 à 2007. Et si les Belges épargnent, ils ne consomment pas : la consommation privée n’augmenterait que de 0,2 %, contre 0,9 % en 2009, une année qui était placée sous le signe de la crise.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...