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Sérieuse menace sur la Belgique
AvC
Mis en ligne le 16/01/2012
Désamorcer la bombe avant l’ouverture des marchés ce lundi matin. C’est ce qu’ont tenté de faire de nombreux dirigeants européens, tout au long du week-end, après la décision de l’agence Standard & Poor’s de revoir à la baisse la note de neuf pays européens, dont la France, désormais dépourvue du précieux triple A. Une idée défendue en particulier par les Pays-Bas et l’Allemagne, deux des rares pays bénéficiant encore du triple A, est d’accélérer la mise en place du fonds d’urgence "MES" qui doit remplacer le Fonds européen de stabilité financière (FESF). D’autres pays plaident pour un renflouement immédiat du FESF, auquel continue de s’opposer Angela Merkel. Ce sujet sera certainement au cœur du sommet européen du 30 janvier, qui s’annonce plus que jamais celui de tous les dangers.
Les dirigeants européens sont aussi conscients que la pression est encore montée d’un cran pour qu’ils prennent des mesures supplémentaires, l’analyse de S&P étant à cet égard impitoyable. Les décisions prises à ce jour par la zone euro risquent d’être "insuffisantes pour répondre aux tensions systémiques continues dans la zone euro", juge-t-elle.
La Belgique n’échappe évidemment pas à la règle. Au contraire, sa note (actuellement AA) est mise sous perspective négative, ce qui signifie qu’il existe au moins une chance sur trois qu’elle soit abaissée. Une rétrogradation pourrait survenir, explique l’agence de notation, si la dette publique belge venait à augmenter pour dépasser la barre de 100 % du Produit intérieur brut (PIB), par exemple en raison d’une croissance plus faible. Standard&Poor’s évalue la dette belge à 94 % du PIB en 2011. La Banque nationale de Belgique (BNB) avance, elle, une estimation moins favorable de 97,2 %.
Une hausse des taux d’intérêt ou une nouvelle intervention pour le sauvetage de Dexia pourrait dès lors s’avérer fatale. Deux hypothèses à ne pas exclure même si, dans un entretien accordé à "La Libre" début janvier, le gouverneur de la BNB, Luc Coene, affirmait que le groupe Dexia devrait passer l’année sans que les garanties apportées par les Etats belge et français ne soient activées.
Tout n’est toutefois pas négatif. L’agence de notation rappelle que la note AA attribuée à notre pays - suite à la dégradation intervenue en novembre dernier - reflète sa vision d’une économie "riche, tournée vers l’exportation et compétitive", d’un passé de forte consolidation budgétaire depuis le milieu des années ‘90 ou encore d’un taux d’épargne élevé. S&P souligne aussi l’engagement du gouvernement belge, dans la cadre du budget 2012, de ramener le déficit public sous la barre des 3 %.
Présent dimanche sur les plateaux de télévision ("De Zevende Dag" à la VRT et "Controverse" sur RTL), Elio Di Rupo n’a pas directement répondu au risque d’une nouvelle dégradation de la note de la Belgique. Le Premier ministre n’a pas non plus donné d’indication sur les mesures qui seront prises lors du contrôle budgétaire prévu en février. Parlant d’un "gouvernement du changement", il s’est contenté de mettre en avant la réforme des pensions et du marché du travail. En revanche, il a indirectement remis en cause le travail des agences de notation en les appelant à plus de prudence quand elles revoient leurs notes à la baisse. "D’un côté, elles veulent plus d’économies ; mais d’un autre côté, ce n’est pas bon pour le pays", a-t-il dit. Et il ne fut pas le seul à critiquer les agences de notation...
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