Abonnez-vous a La Libre Belgique

L’auto électrique devient réalité

Dominique Simonet

Mis en ligne le 16/01/2012

L’offre électrique des constructeurs est concrète maintenant, ou très proche.

La voiture mue par l’énergie électrique, c’est une histoire vieille comme l’automobile. En 1900 déjà, Ferdinand Porsche créait une voiture mue par quatre roues-moteur alimentées par l’électricité. Quant au Belge Camille Jenatzy, il est le premier à dépasser les 100 km/h en auto avec sa "Jamais contente" en forme de cigare et ses deux moteurs électriques. C’était en 1899. Crises pétrolières et environnementales aidant, les voitures électriques reviennent sur le tapis rouge des salons depuis quelques années.

Alors, qu’est-ce qui a changé cette fois ? Au salon Auto-Moto de Bruxelles, à côté de certains véhicules mus par la seule énergie électrique, figure le traditionnel petit panneau avec un prix affiché. Désormais, tout un chacun peut commander un tel véhicule. Soyons clair, c’est encore rare. Renault fait figure de pionnier en la matière, en présentant un embryon de gamme. Quatre véhicules différents sont proposés en version Z.E., pour zéro émissions : petit utilitaire Kangoo, adaptable en ludospace, et berline Fluence sont disponibles dès à présent; Twizy, petit biplace en tandem, sera là en mars et la citadine Zoé arrivera en novembre.

Des prix ? Twizy est à partir de 6990€ tva incluse et Kangoo dès 20000€ hors TVA, puisqu’il s’adresse prioritairement aux professionnels. Ces prix n’incluent pas les batteries, que Renault loue à partir de 72€ hors TVA, sur une base de 10000 km/36 mois. "Nous sortons la batterie de l’achat pour proposer le véhicule électrique à un prix équivalent à celui du diesel", commente Karl Schuybroek, directeur de la communication en Belgique. "Les clients disposent ainsi d’une garantie à vie sur la batterie. C’est le modèle de commercialisation choisi par Renault pour toute sa gamme Z.E."

Et quelle est la clientèle potentielle de ces véhicules ? "Surtout des sociétés qui veulent se donner une image respectueuse de l’environnement, des entreprises de soins à domicile, ce genre de métier. La Poste est aussi intéressée."

Des voitures électriques, d’autres marques se sont alliées pour en proposer : C- Zero de Citroën, i-MiEV de Mitshibishi et iOn de Peugeot sont, grosso modo, les mêmes petites citadines dont le prix tourne autour des 35000 € : la propreté a son prix, même chez les constructeurs généralistes.

Opel, lui, lance l’Ampera, très semblable à la Chevrolet Volt, c’est un hybride rechargeable : elle n’est mue que par l’électricité, d’abord stockée dans ses batteries, ensuite produite par un générateur entraîné par un petit moteur thermique. A côté de cela, le petit concept Rak-e fait sensation, avec ses deux places en tandem, son allure futuriste, sa verrière qui s’ouvre comme un cockpit, rappellant ainsi la petite auto Messerschmitt "Kabinenroller" des années cinquante. Si elle est un jour mise en production, son prix devrait avoisiner les 10 à 12 000€, confie Michel Retour, directeur de la communication.

Les marques spécialisées dans le haut de gamme ont aussi tout intérêt à développer ce genre de véhicule, pour diminuer leur empreinte environnementale au regard des normes européennes. Volvo y va franc jeu, avec une proposition claire et nette : la V60 Plug-in Hybrid est à 59 000 €, batterie et toutes options comprises. La motorisation est le turbo-diesel cinq cylindres D5 (215 ch) complété par un moteur électrique (équivalent 70 ch) et des accus rechargeables : pour le constructeur suédois, sportivité et écologie vont de pair.

D’autres marques premium font le grand écart, à l’instar d’Audi avec sa petite A1 e-Tron et sa grande sportive R8 e-Tron. La première est mue par l’électricité fournie par des batteries lithium-ion rechargeables et par un petit moteur rotatif Wankel de 254 cc afin de prolonger son autonomie. La R8 est entraînée par quatre moteurs pour autant de roues, une puissance de 313ch et un couple de 680 Nm grâce à ses batteries. Sans prolongateur d’autonomie, elle tiendrait 250 km, à vérifier évidemment.

Daimler fait aussi le grand écart. Sa Smart III sera commercialisée à la fin de l’été avec batterie (19 900€); sans (15 900€), il faudra alors la louer 65€ par mois. 120 km/h, 140 km d’autonomie, la Smart électrique commence à ressembler à une vraie voiture. A l’autre bout de la gamme, la Mercedes-Benz SLS AMG E-Cell affiche des performances ahurissantes, promettant le O à 100km/h en 4 sec. Cette flèche verte peut aussi être admirée au salon.

Si Audi et Daimler implémentent la motorisation alternative sur des véhicules existants, BMW construit deux autos autour de l’électricité. Au Palais 7 Heysel, les concepts i3 (urbaine électrique) et i8 (sportive hybride rechargeable) dessinent joliment le futur de la marque, un futur proche de la concrétisation. Non loin de là, au Palais 11, la Fisker Karma affiche son classicisme sportif d’une beauté et d’une technologie stupéfiantes. Mercredi dernier, cette hybride rechargeable, au toit fonctionnant comme un panneau solaire, paradait dans les rues de Las Vegas, dans un silence fascinant. C’est un certain avenir qui roule.

Sur le même sujet:

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page