
Après sept mois de silence, elle parle pour la première fois à “La Libre”.
Licenciée en juin 2011, l’ex-bras droit du patron de Belgacom a décidé de se faire entendre et faire valoir ses droits.
Vous avez été licenciée sur la seule mention d’une plainte pour harcèlement ?Oui, on m’a appelée en fin de journée pour me signifier mon licenciement : soit j’acceptais une indemnité de sortie prétendument accompagnée du maintien de ma réputation, soit on ouvrait la plainte avec des effets dévastateurs sur l’entreprise. Je n’ai pas eu le choix, et M. Bellens non plus. Il a suivi les conseils de ses directeurs, licenciés par la suite. Mais compte tenu de ce qui a été publié ce week-end dans la presse, sur les enquêtes internes et externes, j’estime que cette affaire aurait dû être traitée autrement.
Peut-on dire qu’il y a eu un accord ?
Absolument pas : j’ai été jetée et on m’a traînée dans la boue sur la base d’un dossier de prétendu harcèlement qui n’a même pas été ouvert. Il n’y a pas eu de message préalable sur la plainte alors que je travaillais depuis 12 ans avec M. Bellens sans le moindre problème et depuis 8 ans chez Belgacom… Cela défie le bon sens. On n’a pas tenu compte de mon travail ni de mes compétences. Et aujourd’hui, si on reconnaît mes compétences professionnelles, on ne tient compte que de tout ce qui a été dit de négatif à mon propos dans la presse. Si on avait traité ce dossier normalement, ça se serait passé tout autrement. Je veux que la justice et la clarté soient faites ! Je n’ai pas de ressentiment par rapport aux personnes. J’ai le sentiment d’être la victime d’une affaire plus politique que professionnelle. Dans la presse, on a évoqué un complot ! On ne pouvait attaquer le CEO, on m’a attaquée, moi ! Je souhaite une réparation publique de la part de l’entreprise à laquelle j’ai donné mon temps, mon énergie et ma loyauté.
Et ce problème de harcèlement ? On dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu…
Je n’aime pas la formule. Si des gens ont évoqué des faits après mon départ, je trouve cela regrettable : j’ai toujours accepté le dialogue. Mais c’est vrai que j’ai un type de management exigeant. Je veux aller vite aux objectifs, et cela peut déranger certains. Mais il y a eu une situation délicate que je n’ai pas créée : il y a eu des modifications d’affectations décidées par le CEO lui-même, inquiet à propos de problèmes de “timing” et qui ont débouché sur des frustrations, ce que je peux comprendre. J’ai fait ce que le patron me demandait, c’est tout. Mais, tant que “nous”, toutes deux, étions aux côtés du CEO, il n’y a jamais eu de problèmes.
On s’étonne de l’ascension rapide de la “secrétaire du patron”…
Il y a une méprise totale à ce propos. Au Luxembourg (chez RTL, NdlR) déjà, j’étais “executive assistant”, un poste mal connu en Belgique. C’est un poste important, où l’on est un peu le gendarme du patron : on filtre les entrées-sorties, ce qui est frustrant pour les gens qui veulent parler directement au boss. Et on assume vite une partie du travail exécutif. C’est pour cela que j’ai suivi une formation à l’Insead. Mais j’ai toujours eu de beaux résultats, avec des évaluations connues de tous, comme l’établissement d’un service de responsabilité sociale de l’entreprise et de développement durable, ou la gouvernance en matière de sponsoring, notamment. A ce niveau dans l’entreprise, on se bat pour “son” entreprise, pas pour écraser les autres.