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Le "HuffPost" surfe sur la présidentielle

Caroline Gourdin

Mis en ligne le 24/01/2012

VIDEO Lancement remarqué, lundi, de la version française du “pure player” américain, avec Anne Sinclair au top. Le site sera “ancré dans la culture française”, dit-on.
Correspondante à Paris

Bien avant sa mise en ligne, lundi matin, à 6 heures, le huffingtonpost.fr a fait parler de lui. Quelque 200 journalistes ont assisté dans les locaux du quotidien "Le Monde" à la conférence de lancement de ce nouveau site d’information, version française du "Huffington Post". Le choix de la fondatrice du site, Arianna Huffington, de placer Anne Sinclair à la tête de la direction éditoriale du site explique cette curiosité. Mais pas seulement.

Lancé aux Etats-Unis en 2005, et racheté en février 2011 pour 315 millions de dollars par le portail AOL, ce site d’infos est désormais le plus visité aux Etats-Unis, devançant le site du "New York Times" : il enregistre trente-sept millions de visiteurs uniques mensuels, emploie 1 400 journalistes et s’exporte. Après le Canada en mai et le Royaume-Uni en juillet 2011, c’est au tour de la France, de l’Espagne (mars), de l’Italie (avril), avant l’Allemagne, la Grèce, la Turquie ou le Brésil (en discussion) d’acquérir leur propre version du "HuffPost".

La version française du "pure player" américain est lancée en partenariat avec le groupe Le Monde, qui détient 34 % du capital, et trouve une porte de sortie à son site participatif Post.fr (dont deux journalistes ont intégré la rédaction de huit salariés du HuffPost français). " C’est un partenariat industriel et non éditorial ", précise Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde. Outre les 51 % détenus par AOL, les 15 % du capital restant ont été acquis par Matthieu Pigasse, patron des Nouvelles Editions indépendantes ("Les Inrockuptibles", dont le directeur David Kessler chapeautera aussi le HuffPost français).

Se basant sur le modèle de la presse en ligne gratuite, qui repose essentiellement sur les recettes publicitaires, les partenaires laissent au site français jusque fin 2014 pour être à l’équilibre. Aux Etats-Unis, c’est la présidentielle de 2008 qui a permis au site de décoller. Lehuffingtonpost.fr s’inscrit dans la ligne de la version américaine, utilisant sa plateforme, sa technologie et ses outils, tout en étant " ancré dans la culture française ", insiste Arianna Huffington.

Le site propose le même dosage savant d’actu chaude, d’opinions et de blogs tenus, notamment, par des personnalités : Rachida Dati (UMP) et Julien Dray (PS) tiendront un carnet de campagne. On pourra y lire aussi l’humoriste Nicolas Bedos, le grand reporter Anne Nivat, le spécialiste de droit constitutionnel Guy Carcassonne, le philosophe Raphaël Enthoven " Dans cette société française sclérosée, où tout le monde n’a pas droit à la parole, nous voulons ouvrir les fenêtres, et accueillir le point de vue de personnes connues ou non. Notre rôle de journalistes sera de choisir ce qui nous paraîtra digne d’être publié. Nous serons attentifs à la modération et à la hiérarchisation ", a insisté Anne Sinclair, qui fait son grand retour dans le métier après une absence prolongée. S’en tenant au sujet du jour, l’épouse de l’ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn a tout de même évacué toute suspicion de conflit d’intérêt : " Toute information sera traitée normalement, comme ailleurs. Le rédacteur en chef Paul Ackermann prendra en charge l’actualité. J’apporterai mon expérience et mes idées ." Lehuffingtonpost.fr sera un portail renvoyant à des sites d’infos comme rue89.com ou lefigaro.fr, ou aux réseaux sociaux Facebook et Twitter.

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