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Inver Invest : investir dans le cinéma belge

Alain Lorfèvre

Mis en ligne le 04/02/2012

Avec les douze nominations aux Magritte du cinéma des "Géants" (Bouli Lanners) et les huit du "Gamin au vélo" (frères Dardenne), Olivier Bronckart, patron et cofondateur d’Inver Invest, intermédiaire tax shelter liégeois, est ravi. En 2011, Inver a levé 7,8 millions d’euros en tax shelter, contre 5 millions en 2010. Avec son frère Jacques-Henri, il est aussi producteur des "Géants", via Versus Production. Leur autre filiale, O’Brother Distribution, a distribué en 2011 des films remarqués comme "Viva Riva !", "The Invader" ou "L’Apollonide". "Notre modèle économique tient la route. Les trois sociétés occupent 16 temps pleins. En outre, nous faisons travailler l’équivalent de 80 temps pleins (pour un total de 400 personnes) sur les différentes productions que nous assumons." Acteur prédominant du cinéma belge, la galaxie Versus/Inver demeure une PME. Les frères Bronckart tiennent à leur taille moyenne, qui leur permet de tenir une ligne éditoriale cohérente. "Nous préférons investir dans des films majoritaires belges plutôt que dans des coproductions minoritaires. Comme producteurs, avec Versus, nous développons une relation suivie avec des réalisateurs comme Bouli Lanners, Joachim Lafosse ou Olivier Masset-Depasse. Comme intermédiaire tax shelter, nous voulons œuvrer à la pérennité du secteur. Nous considérons nos investisseurs comme des partenaires. Nous voulons leur offrir un maximum de confort avec le tax shelter. Nous avons un staff qui étudie le bilan des sociétés des investisseurs de manière à leur offrir la meilleure formule possible."

Quant au choix d’investir dans des films à budgets moyens - de l’ordre de 4 à 5 millions -, Olivier Bronckart précise que ce n’est pas forcément une mauvaise formule pour l’investisseur. "Le tax shelter offre un minimum garanti (4,25 %) qui est le même quel que soit le budget du film. Quant à la plus-value éventuelle sur les recettes, nous estimons qu’on peut plus facilement gagner sur un film à 4 ou 5 millions. Sur un film à 20 ou 30 millions, le nombre d’investisseurs est tel qu’avant le premier retour, il peut s’écouler très longtemps. C’est comme choisir entre acheter les actions d’une multinationale ou d’une start-up. Sauf, qu’en outre, ici, il n’y a aucun risque de perdre sa chemise."

Même si les Bronckart sont derrière les trois sociétés, celles-ci demeurent indépendantes. Inver finance ainsi des films d’autres producteurs (comme "Le gamin au vélo" avec les Films du Fleuve, maison de production des Dardenne). De même, Versus Production va aussi chercher des fonds tax shelter chez d’autres intermédiaires. Et O’Brother distribue naturellement des films qui ne sont pas produits par Versus ou qui n’ont pas bénéficié de levée de fonds par Inver.

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