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Nouveau tour de vis en vue en Grèce
Mis en ligne le 06/02/2012
Hier soir, les chefs des trois partis de la coalition gouvernementale en Grèce sont tombés d’accord sur une réduction des dépenses publiques de 1,5 % du PIB en 2012. De même que des mesures de réduction des salaires et des charges sociales afin de rendre l’économie grecque plus compétitive.
Toutefois, les dirigeants des deux partis de droite ont vivement critiqué les mesures d’austérité demandées au pays en échange d’une nouvelle aide financière, ce qui laisse pour l’instant en suspens le plan d’aide international à la Grèce. S’il y a eu des avancées, il n’y a pas d’accord global pour autant. Mais les dirigeants politiques vont se revoir ce lundi et tenter de donner une réponse à la proposition des créanciers internationaux du pays sur les réformes à mener.
La situation est fort pressante. Vu les blocages politiques dans le dossier des réformes économiques, les chefs des trois partis avaient été convoqués chez le Premier ministre Lucas Papademos. Ce dernier leur demandait de s’engager publiquement à appliquer les impopulaires réformes exigées par les créanciers du pays en échange d’une deuxième aide. Les leaders du parti socialiste, de la Nouvelle Démocratie (droite) et du Laos (extrême droite), étaient sommés de surmonter leurs objections à ce nouveau plan. Ce qui semble désormais acquis.
Faut-il le rappeler, le gouvernement grec négocie depuis des semaines sur l’établissement d’un programme d’ajustement structurel du pays en échange d’un deuxième prêt d’au moins 130 milliards d’euros, qui s’ajouterait à celui de 110 milliards accordé en mai 2010 au pays pour lui éviter la banqueroute. Les négociations qualifiées de " surhumaines " dimanche par un haut responsable gouvernemental, visent à éviter à la Grèce un défaut de paiement dès le mois de mars. Mais une négociation parallèle - tout aussi cruciale - du gouvernement avec ses créanciers privés visant à effacer 100 milliards d’euros de dette, est tributaire de la négociation avec les créanciers publics. Parmi les points durs qui sont refusés aussi bien par les responsables syndicaux grecs que par la plupart des responsables politiques : les demandes de la troïka (FMI, BCE, zone euro) d’abaissement généralisé du coût du travail.
Devant l’opposition des partis aux demandes de la troïka, le Premier ministre Lucas Papademos aurait menacé de démissionner, selon des rumeurs de presse, non confirmées par son porte-parole. Autre élément de dramatisation : samedi soir, le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos a d’ailleurs indiqué que les négociations étaient " sur le fil du rasoir " et devaient se conclure dimanche soir pour que la Grèce évite un défaut de paiement en mars.
Du côté européen, la pression a été à nouveau mise sur la Grèce. Le chef de file de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, s’est lui aussi montré pressant en évoquant ce week-end le risque d’une faillite de la Grèce en mars si les réformes exigées n’étaient pas menées à bien. " Si nous devions constater que tout va à vau-l’eau en Grèce, alors, il n’y aurait pas de nouveau programme de refinancement du pays. Cela signifierait une faillite en mars , a-t-il déclaré. La Grèce doit savoir que nous ne reculerons pas sur le thème des privatisations." (AFP)
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