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Édito: Une certaine idée de l’Union

Mis en ligne le 08/02/2012

Olivier le Bussy

Oui, la Grèce a laissé ses finances publiques et son économie partir à vau-l’eau pendant des décennies. Oui, elle a maquillé ses comptes comme on trafique le compteur d’une voiture d’occasion pour entrer dans la zone euro. Et oui, le gouvernement de M. Papademos peine à convaincre ses partenaires européens de sa volonté et de sa capacité à mettre de l’ordre dans la maison grecque.

Cela posé, il faut rappeler que la Grèce paie et paiera longtemps, au prix fort, ses errements passés. Les plans d’austérité successifs (et à venir) ont plongé sa population dans un désespoir dont on ne mesure peut-être pas l’ampleur, de ce côté-ci de l’Union.

C’est en tout cas ce que laissent à penser les déclarations de la vice-présidente de la Commission européenne, Neelie Kroes, selon laquelle il n’y aurait "pas mort d’homme" si la Grèce devait quitter l’union monétaire.

Outre qu’il brouille la position officielle de la Commission, le message de la Néerlandaise suscite le malaise, tant il est en décalage avec le rôle de l’exécutif européen : veiller à l’intérêt commun. La zone euro, avance Mme Kroes, se remettrait de l’amputation de son membre grec - un pari optimiste. Et la Grèce ? Il est probable, sinon certain, qu’elle s’enfoncerait, plus encore dans un trou d’une profondeur insondable.

Pour avoir négligé, par le passé, d’avertir la cigale grecque des conséquences de son comportement, l’Europe porte une part de responsabilité dans l’actuelle situation. Elle doit l’assumer. Maintenir la Grèce dans la zone euro, c’est aussi préserver une certaine idée de l’Union.

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