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L’extrême droite quitte la table

Mis en ligne le 09/02/2012

M. Karatzaferis veut des garanties pour s’engager. Quel avenir pour la Grèce ?

Le Premier ministre grec, Lucas Papademos, a finalement entamé mercredi un rendez-vous crucial avec les chefs des trois partis soutenant son gouvernement pour obtenir leur aval au nouveau plan de rigueur réclamé par les créanciers de la Grèce en échange de leur soutien. Sans cesse ajournée depuis lundi, encore retardée au fil de la journée, la réunion a finalement débuté à 17h, avec l’arrivée au siège du gouvernement du socialiste Georges Papandréou, du conservateur Antonis Samaras et du leader d’extrême droite, Georges Karatzaferis.

Depuis le début de la matinée, les deux premiers ont pu plancher sur les 50 pages de l’avant-projet d’accord finalisé dans la nuit par M. Papademos et la troïka représentant les créanciers publics du pays (UE, BCE et FMI).

M. Karatzaferis a dû attendre plusieurs heures la version grecque du texte élaboré en anglais qu’il avait réclamée, ce qui a contribué à retarder la réunion.

Coup de théâtre tard dans la soirée quand le chef du parti d’extrême droite grec Laos a quitté la réunion, a-t-on appris de source gouvernementale. "J’ai clarifié mes intentions depuis le début de la réunion: je ne peux pas en une heure m’engager sur un plan qui va engager le pays pour 40 ou 50 ans sans avoir des assurances (légales) que ces mesures vont faire sortir le pays de l’impasse", a déclaré Georges Karatzaferis, leader du Laos à la presse en quittant la résidence du Premier ministre après sept heures et demie de réunion.

Le texte "présente les grandes lignes des nouvelles mesures" dont les bailleurs de la Grèce exigent l’adoption pour débloquer un nouveau prêt d’au moins 130 milliards d’euros décidé par la zone euro fin octobre, selon une source du parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND).

L’accord de principe que MM. Papandréou, Samaras et Karatzaferis étaient censés apporter à cette nouvelle cure de rigueur était attendu avec fièvre par les partenaires du pays, exaspérés par plusieurs jours d’atermoiements politiques autour des mesures en jeu.

Le train de mesures prévoit une baisse de 22 % du salaire minimum, ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois, des coupes de l’ordre de 15 % dans les retraites complémentaires, des coupes salariales dans les entreprises d’intérêt public et 15 000 suppressions d’emploi sur l’année dans le secteur public.

Le contreseing grec à cette cure, durcissant des mesures déjà adoptées en contrepartie d’un premier plan UE-FMI de 110 milliards en mai 2010, doit permettre le déblocage de 130 milliards d’euros décidés fin octobre.

Sans cette nouvelle aide, la Grèce s’expose au défaut de paiement le 20 mars, à l’expiration de 14,5 milliards d’obligations. Le prix social à payer sera douloureux dans un pays qui entame sa cinquième année de récession.

Les syndicats ont appelé à de grandes manifestations à Athènes jeudi soir, deux jours après une grève générale de 24 heures qui a fait battre le pavé à quelque 20 000 manifestants. Le prix politique s’annonce aussi lourd pour des partis qui se préparent à des élections législatives anticipées en mars ou avril. C’est aussi la raison pour laquelle la troïka des créanciers souhaite avoir leur engagement explicite à poursuivre le programme.

Le temps presse pour la Grèce qui a promis de lancer la semaine prochaine l’autre volet de cette négociation internationale à plusieurs bandes : l’opération d’effacement, par les créanciers privés, de 100 milliards de dette grecque, quasi finalisée fin janvier à l’issue de tractations entre Athènes et les créanciers privés de la Grèce, représentés par l’Institut de la finance internationale (Ifi). (D’après AFP)

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