La Libre.be > Economie > Actualité > Article
Les médias privés contre la RTBF
V.S.
Mis en ligne le 17/02/2012
C’est sans doute une première dans l’histoire des médias de notre pays : l’ensemble des fédérations représentatives des médias privés francophones (presse quotidienne - dont le groupe IPM, éditeur de "La Libre" et de "La DH" -, magazine, Internet et radio) ont envoyé jeudi un courrier à Fadila Laanan, ministre de la Culture et de l’Audiovisuel. Un courrier en front commun - comme pour mieux souligner le caractère solennel de la démarche - pour demander d’urgence à la ministre d’ouvrir une concertation en vue d’amender le projet de décret du 11 janvier 2012 relatif à la RTBF et qui représente, selon ces acteurs privés des médias francophones belges, "une menace grave sur le futur de leurs activités" mais aussi sur le "pluralisme des médias".
De quoi s’agit-il exactement ? Le dépôt, le 11 janvier dernier, d’un projet de décret concernant la RTBF. Un nouveau texte qui suscite la colère des éditeurs francophones et de leurs partenaires car il vise, sous couvert de se mettre en conformité avec certains prescrits européens et de toiletter certains points techniques, à modifier en profondeur l’objet social de la RTBF et à donner à son conseil d’administration le pouvoir de modifier ses missions de service public. Rien de moins ! "Le projet de décret légalise et organise les activités de marchandisation de la RTBF. Alors qu’il a été démontré au cours des Etats généraux des médias d’information que le poids de la RTBF sur les marchés publicitaires avait déjà dépassé les 15 % du total des ressources nettes disponibles pour les acteurs privés, que cette concurrence du secteur public était devenue dangereuse pour l’équilibre économique des éditeurs, ce n’est ni raisonnable ni un signal constructif que de vouloir encore augmenter la pression concurrentielle de l’opérateur audiovisuel public", souligne ce courrier adressé à la ministre Laanan. Au cœur de cette bataille public-privé ayant pour scène le petit paysage médiatique francophone belge, on retrouve la bataille autour d’Internet. Pour les signataires, le nouveau décret donnera demain la possibilité à la RTBF de s’assurer une liberté d’action sur la "Toile" pour mener une stratégie offensive de développement. Et capter, par ricochet, au départ de moyens financiers publics conséquents, une part toujours croissante du marché publicitaire. Et ce, au détriment de la presse. Or celle-ci est déjà confrontée à un contexte de marché très difficile et à la nécessité d’investir massivement pour s’adapter aux nouvelles réalités de la révolution numérique. Egalement dans le collimateur des acteurs privés : le fait que projet de décret légalise et organise les activités de marchandisation de la RTBF.
Les signataires de la lettre, qui estiment que "la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait le choix historiquement de privilégier l’audiovisuel public", demandent donc à la ministre Laanan de retirer "de la discussion du Parlement les articles contestés en vue d’une concertation approfondie".
Le bras de fer entre les médias privés et la RTBF, qui avait déjà donné lieu à des joutes judiciaires ces derniers mois, franchit donc une nouvelle étape. La balle est désormais dans le camp de Fadila Laanan et, plus globalement, de la majorité PS-CDH-Ecolo de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...