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Trop d’attractions en Wallonie ?
P.P.
Mis en ligne le 17/02/2012
En voilà une drôle de question, posée au secteur du tourisme en Wallonie ! Abondance de biens pourrait-elle nuire en pareil registre ? Pas exactement. Se demander s’il "y a trop d’attractions touristiques en Wallonie", c’est épingler trois constats.
Un, le professionnalisme peut fort varier d’une attraction à l’autre. Deux, des déficits de visibilité persistent : soit qu’elle existe peu pour certaines attractions, soit qu’elle manque entre elles d’homogénéité. Trois, il y a nécessité de coordination et mises en réseau, dans un petit monde éclaté entre institutionnels, associatifs, privés de toutes dimensions. Paul Furlan, le ministre wallon (PS) du Tourisme : "Les gens se parlent-ils ? Ou a-t-on une somme d’attractions individuelles qui ne génèrent pas assez d’effets d’entraînement de l’une à l’autre ?"
Autre question interpellante : "Le tourisme social va-t-il disparaître ?" Il en est même que l’on a entendu rétorquer : ah bon, il n’est pas déjà disparu ?
Disons qu’il y a au moins perte de vitesse, pour diverses raisons : évolution sociologique, politique des opérateurs traditionnels, déclin du camping "simple" Mais "ne tournons pas autour du pot, coupe Paul Furlan. La première raison, c’est qu’il est devenu moins cher d’aller un week-end à Venise avec Ryanair que de passer deux/trois jours en Wallonie !"
C’est pourtant paradoxal, relèvent des acteurs de terrain, dans la foulée d’une étude commanditée par le commissariat au tourisme (à LiTotes-Igeat-ULB) : on ne sait plus très bien ce qu’est le tourisme social alors même que ses valeurs fondatrices, à la jointure des responsabilités sociales, économiques et environnementales, se répandent de plus en plus. Deuxième réalité, deuxième paradoxe : des infrastructures persistantes peuvent être des lieux d’innovation, tels les auberges de jeunesse et sites assimilés, pour lesquels la demande est d’ailleurs en extension. Tertio, le nombre de seniors est appelé à croître, dont on sait que beaucoup n’ont plus la capacité ou les moyens d’aller au loin.
Bref, il ne faudrait pas que le tourisme social disparaisse, mais à diverses conditions : d’innovation, promotion, financement, mixité sociale - "Pas de ghetto !" En écho, le ministre Furlan annonce la "revitalisation" du secteur.
Toutes réflexions entendues ces deux derniers jours au "Printemps du tourisme". En 2010, au début de l’actuelle législature régionale, les premières assises du genre avaient dégagé trois priorités : tourisme vert, d’affaires, villes d’art et culture. Plus le souci, pas propre au tourisme, de réduire le déficit d’image de la Wallonie. On a travaillé là-dessus depuis, défend M. Furlan, surtout dans la promotion, en plus d’"investissements structurels" régionaux pour l’Eau d’Heure, Waterloo et Mons 2015.
Les perspectives ? Travailler toujours l’image, "un combat de longue haleine" ; irriguer la montée en puissance de Mons 2015 et Waterloo 2015 ; ou encore proposer une démarche "qualité" aux opérateurs touristiques wallons.
Ledit printemps s’est tenu à Charleroi, en marge du classique Salon des vacances dont la Wallonie accapare cette fois un large espace. C’est que si les Wallons comptent parmi ceux qui dépensent le plus en tourisme (2 500 euros/ménage/an en moyenne), ce sont eux aussi qui dépensent le moins chez eux (à peine 10 %) ! C’est dire la marge potentielle, pour un secteur qui pèse déjà 60 000 emplois et 5 % du PIB
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