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Marche arrière toute !
Dominique Simonet
Mis en ligne le 17/02/2012
Les résultats des constructeurs généralistes qui tombent - c’est le cas de le dire - ces jours-ci ne font que confirmer la tendance : les ventes d’automobiles en Europe suivent la pente descendante, et l’industrie doit s’adapter. Les statistiques publiées jeudi matin par l’Acea, Association des constructeurs européens d’automobiles, donnent leur verdict, sans appel : de 1 049 991 unités en janvier 2011 à 968 769 en janvier 2012, il y eut 7,1 % d’immatriculations en moins dans l’Union européenne le mois dernier, toutes marques confondues. Ce n’est pas un accident mais la suite de plusieurs mois de repli : après un léger plus en septembre 2011 (0,7 %), le marché du véhicule neuf baisse de 1,8 % en octobre, 3,5 % en novembre et 6,4 % en décembre.
La raison principale de cette chute du marché automobile est, bien sûr, le climat de crise régnant dans l’Union : certains pays - dont la Belgique - sont en récession, d’autres se stabilisent dans le meilleur des cas. La voiture est un produit parmi d’autres, qui souffre de la baisse du pouvoir d’achat, ou de l’impression qu’il décroît. On l’a vu en 2008/2009, on le revoit en 2011/2012 : l’automobile suit de très près les indicateurs macroéconomiques.
La situation n’est pas la même partout. En janvier, les immatriculations ont chuté de 16 % en Belgique, après que le rush de fin d’année dernière, dû à la fin annoncée - tardivement - des primes environnementales fédérales. Mais c’est un marché moyen en terme de volume (44 732 immatriculations en janvier), d’autant que le salon de l’Auto est passé par là.
Dans les grands pays, qui achètent trois ou quatre fois plus que nous, les variations sont aussi très marquées. La France baisse de 20,7 %, passant de 185 521 voitures en janvier 2011 à 147 057 le même mois cette année, soit une diminution de 38 464 autos. Un peu moins que les ventes en Belgique sur la même période... En France, la prime à la casse, favorisant le remplacement de vieilles guimbardes, se terminait fin 2010, mais les livraisons pouvaient s’étaler jusqu’en mars 2011. Le mouvement correctif, par le retour aux vrais prix va encore se faire sentir pendant quelques mois. L’Italie perd 16,9 %, mais l’Allemagne ne cède que 0,4 % et la Grande-Bretagne est stable à 42 voitures en moins sur un marché de 128 811 unités. Dernier grand d’Europe, l’Espagne surprend un peu avec 2,5 % d’augmentation, mais c’est un mouvement de correction, dû à une guerre des prix, après des mois de chute vertigineuse. Avec 53 600 voitures - 9 000 de plus qu’en Belgique seulement - l’on est loin des 70 000 de janvier 2010 et des 100 000 voitures d’avant-crise, en 2008.
Une situation économique, sociale ou politique difficile explique encore la décrue des ventes en Grèce, mais les 13,3 % de baisse ne représentent que 1 296 voitures vendues en moins. La situation est plus dramatique au Portugal, un pays sous perfusion qui passe de 13 221 voitures en janvier 2011 à 6 949 cette année, soit une chute spectaculaire de 47,4 %.
Dans les pays baltes, en Pologne, Slovaquie, Hongrie, République tchèque ou Bulgarie, les ventes sont en progression car, contrairement à l’Europe de l’Ouest, ces marchés sont loin d’être à maturité. Avec + 86,4 %, la Roumanie détonne, mais sur un petit volume, de 2 648 autos en janvier 2011 à 4 937 en 2012. Explication : depuis le début février, la taxe d’immatriculation y est plus élevée.
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