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Eric Verbeek : "Fracture sociale dans le manque d’accession au logement"
Ch. Milkolajczak
Mis en ligne le 18/02/2012
Vous dites que la construction s’est améliorée. Parce que les prix de vente ont augmenté ?
E.D. : Oh non. Et certainement pas dans le segment du bureau. Les coûts de construction n’ont pas augmenté plus que l’index. Mais on est devenu plus rationnel. Les honoraires ont un peu augmenté du fait d’exigences supplémentaires (études d’incidence ). Les prix des matériaux, hormis l’acier et le ciment, ont plutôt diminué. Tout comme les loyers. Ce qui a augmenté, ce sont les taxes et les exigences environnementales. Et le poste qui souffre, c’est le terrain.
Et en logements, puisque les prix de vente ont, dans ce segment, augmenté plus vite que l’index ? Peut-on dire qu’au final, c’est le terrain qui y gagne ?
E.V. : Oui, mais contrairement à ce qu’on pense, le terrain n’est pas rare. On peut en trouver.
Votre regard sur le marché résidentiel ?
Depuis décembre, il y a un ralentissement. Non que les gens n’ont pas envie d’investir, non qu’ils attendent que les prix baissent, mais parce qu’ils sont inquiets. Au-delà de cela, je pense qu’il est important de dire que le problème, en Belgique, c’est le faible pourcentage de personnes ayant les moyens d’acquérir un logement. Et ce n’est pas une question de salaires bruts, qui sont corrects, mais de salaires nets, insuffisants. La demande ne peut porter aujourd’hui que sur des biens de taille réduite. Les promoteurs vendent leurs appartements, mais pas les garages, ni les caves car cela dépasse les moyens financiers des acquéreurs. Et au prix de vente, il faut encore ajouter 21 % de TVA. Un cinquième du prix ! Si fracture sociale il y a, c’est là qu’elle se situera : si on ne parvient pas à acheter un premier bien, il n’y aura pas d’effet tremplin et donc pas de deuxième.
E.D. : Ce sera peut-être un de mes défis comme président de l’Upsi : rapprocher le produit de la demande, mais surtout dialoguer avec le politique. Pourquoi ne pas imaginer amortir fiscalement son bien ? Je construis et j’amortis en déductibilité fiscale. Avec un gain au niveau du travail au noir : car plus on peut déduire, plus on officialise. Autre possibilité : dissocier le foncier (appartenant au public) du bâti (acheté par les privés) ; un "droit de superficie" en quelque sorte. Mais renouvelable lors des transactions (comme à Louvain-la-Neuve par exemple) ou proposé avec un terme suffisamment long (60 ans, jusqu’à la fin d’une vie).
La crise touche les clients de vos membres. Et donc aussi vos membres.
E.D. : Ils ont abandonné le segment du bureau (amorphe pour l’instant et pour 3 ans encore) et se sont jetés sur ce qui restait : séniories, logements Ils ont appris à faire du logement. Ils y ont appliqué les méthodes employées aux bureaux pour faire du logement à meilleur prix.
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