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Édito: Grèce sauvée. Et après?

Mis en ligne le 21/02/2012

Pierre-François Lovens

Proche de l’asphyxie depuis bien trop longtemps, l’Etat grec - et, à travers lui, toute une population au bord de l’explosion sociale - devait recevoir, lundi soir, une bouffée d’oxygène arrachée au prix fort. Trop fort, diront certains, tant les conditions imposées par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, ainsi que par un cercle de créanciers privés, relèvent plus du remède de cheval que du plan susceptible de ramener, à brève échéance, la stabilité en Grèce et dans la zone euro. Mais ne nous y trompons pas : Athènes n’avait plus le choix des médications depuis belle lurette. L’heure était au sauvetage, pas au redressement.

La Grèce, sauvée temporairement du chaos financier, se retouve aujourd’hui à genoux. Elle va devoir à présent entamer un long processus pour sortir la tête hors de l’eau et retrouver sa place dans la "famille européenne". Les États membres de la zone euro ont été bien inspirés, jusqu’ici, de ne pas laisser tomber leur partenaire grec. Il en allait de la crédibilité de la zone euro et d’une idée ambitieuse de l’Union. Mais, aujourd’hui, ils seraient tout aussi inspirés de ne pas renvoyer les Grecs à leur simple devoir d’orthodoxie budgétaire.

Car si la construction européenne vaut la peine d’être poursuivie, c’est avant tout dans la perspective d’une Europe au service de ses citoyens, grecs y compris. Alors, oui à la fermeté. Mais oui, aussi, à la solidarité dans l’épreuve.

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