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Edito: Renégocier !

Vincent Slits

Mis en ligne le 24/02/2012

11,6 milliards d’euros de pertes, c’est un record dans l’histoire bancaire française. Un chiffre qui dépasse l’entendement.
"Nous payons la facture du passé". C’est en ces termes pudiques que le Français Pierre Mariani a justifié hier à Paris les pertes abyssales de 11,6 milliards enregistrées l’an dernier par Dexia ou ce qu’il en reste encore après le rachat de sa branche bancaire belge, en octobre dernier, par l’Etat belge. Le Belge Jean-Luc Dehaene, président du conseil, était lui… aux abonnés absents. Tout un symbole.

11,6 milliards d’euros de pertes, c’est un record dans l’histoire bancaire française. Un chiffre qui dépasse l’entendement. A l’époque, et sur fond de crise des dettes souveraines, l’heure était au sauvetage en catastrophe permettant d’éviter un sinistre total susceptible de fragiliser le système bancaire européen.

Quelques mois plus tard, quels constats pouvons-nous tirer de ce Titanic bancaire  ? Un : les responsabilités de ce désastre restent à ce jour peu clairement établies, les principaux acteurs préférant au “mea culpa” la stratégie de la dilution ou celle, préférée de Mariani, du “c’est la faute à mes prédécesseurs”. Faut-il encore attendre des miracles du rapport final de la commission spéciale Dexia dès lors que le monde politique, via les actionnaires publics, était partie prenante à l’aventure  ?

Deux : ce dossier reste une bombe à retardement pour les finances publiques de notre pays, en raison de notre exposition aux garanties d’Etat nécessaires pour maintenir le rafiot à flot.

Trois : la Belgique a courbé l’échine face à la France.

La rencontre de ce jour entre Elio Di Rupo et Nicolas Sarkozy permettra-t-elle de rétablir un certain équilibre ? Renégocier ce dossier Dexia s’impose. Vite.

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