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Hôtels: La guerre des étoiles

BdO avec agences

Mis en ligne le 25/07/2012

Avec la rigueur, certains ont sans doute eu peur d'un retour d'une taxe sur l'hôtellerie de luxe.

On a tous rêvé devant les étoiles d'un hôtel de renom, imaginant derrière elles des chambres aux vues imprenables, un service irréprochable et une cuisine affutée. Et pourtant, depuis cette semaine, il faudra revoir sa copie, car en France la classification hôtelière a changé.

Jusqu'ici, de légendaires panneaux bleus dévoilaient une, deux, trois ou quatre étoiles. Mais, dans les faits, celles-ci ne reflétaient pas toujours la réalité. Le gouvernement français a donc imaginé, sous l'ancienne législature, de nouveaux panneaux (ils sont désormais rectangulaires et bordeaux), un nouveau classement basé sur de nouvelles normes (voir ci-dessous), et une cinquième étoile.

Viser l'émergence du luxe

Ce qui change? Les étoiles seront valables cinq ans, et non plus pour la vie. De plus, la nouvelle grille ne s'attache plus seulement à des critères quantitatifs comme la superficie des chambres, mais intègre des aspects qualitatifs comme la propreté ou l'accueil. Et enfin, la cinquième étoile, que la France était le seul pays à ne pas avoir, devrait permettre de favoriser une hôtellerie de luxe qui se porte déjà très bien grâce à la riche clientèle étrangère.

À l'instar des Chanel, Louis Vuitton, Hermès et Dior, qui défient la crise économique mondiale, dans l'hôtellerie aussi, le segment luxe affiche de bons scores. "Il y a une demande très forte pour un service haut de gamme, le cousu main, tirée par les pays émergents", explique Christophe Alaux, directeur France du groupe hôtelier Accor.

Laurent Gardinier, président des établissements de prestige au Synhorcat, syndicat d'hôteliers et de restaurateurs, confirme: "le haut de gamme fonctionne extrêmement bien grâce à la baisse de l'euro par rapport au dollar. Le retour de la clientèle américaine est significatif". Et les autres clientèles étrangères "sont toujours là".

Pour preuve, début juillet, le Plaza-Athénée a franchi un nouveau record de prix moyen à 1.325 euros, grâce aux délégations du Moyen-Orient venues avant le ramadan.

Des hôteliers ont choisi cependant de rester en 4 étoiles, pour ne pas se priver de la clientèle affaires. Avec la rigueur, certains ont sans doute eu peur aussi d'un retour d'une taxe sur l'hôtellerie de luxe, comme il y a quelques années.

Des étoiles toujours justes?

Car notons que la crise, tout autant que l'émergence d'internet avec ses sites d'avis, de commentaires et de réservations rendraient pour certains ce classement moins utile.

Moins d'un hôtel sur deux sera d'ailleurs officiellement classé, car s'il y a des retardataires qui ne se sont pas encore mis aux normes, il y a aussi les vrais détracteurs de ce hit parade.

M. Watkins, président du Comité de modernisation de l'hôtellerie, regrette par exemple que "pour élaborer le nouveau classement, aucun client d'hôtel n'ait été interrogé par les auteurs de la réforme. Cela se traduit par un grand décalage entre les attentes des clients et les étoiles françaises".

Ainsi, souligne-t-il, "un hôtel peut être nouvellement classé sans que toutes les chambres n'aient de salle de bains, un téléviseur, un accès Wifi, un téléphone, un chauffage qui garantisse 20° en hiver ou un accès par ascenseur malgré 3 étages".

A la direction du Magellan (Paris 17è), Anne-Marie Borgen va passer de la catégorie réfractaire à celle de retardataire. Elle confie à l'AFP qu'elle n'est "toujours pas convaincue par la pertinence" du nouveau classement mais a "été rattrapée par les complications administratives", notamment par "le renouvellement du bail" de son établissement, qui se négocie actuellement. En outre, elle fait partie du réseau Châteaux et Hôtels Collection, qui pousse ses adhérents à se classer, et est également référencée par des "tour-opérateurs canadiens qui auraient pu ne plus savoir où le classer".

Avant de conclure : "peu importe les étoiles, le classement... l'important c'est que les clients soient contents et qu'ils reviennent". Un des objectifs finalement de ce nouveau classement, qui entendait améliorer la qualité du parc hôtelier français.

Savoir Plus

Hôtellerie : qu'attendre d'un hôtel une, trois ou cinq étoiles

Voici ce qu'un client est en droit d'attendre d'une chambre double dans un hôtel classé une, trois ou cinq étoiles selon les nouvelles normes.

UNE ETOILE : Chambre de 9 m2 (hors sanitaires, pas obligatoires dans la chambre). Une salle de bain ou de douche pour 8 chambres. Récepteur TV dans 50% des chambres, linge de toilette, éclairage à la tête du lit avec interrupteur indépendant. Deux chaises. Une table/bureau. Un réveil. Penderie. Du chauffage. Des volets ou des rideaux opacifiant. Un accueil au moins huit heures par jour. Petit déjeuner en salle. L'hôtel n'est pas tenu d'accepter les cartes de crédit. Oreillers et couvertures supplémentaires sur demande.

TROIS ETOILES : Chambre de 13,5 m2, sanitaires (obligatoires) compris. En plus des équipements des "une étoile" : interrupteur d'éclairage central près du lit, point lumineux sur la table/bureau, meuble porte-bagage, téléphone, télévision (chaînes françaises). Oreillers, couvertures supplémentaires à disposition dans la chambre. Petit déjeuner en chambre non obligatoire. Dans les parties communes : accès internet, journaux, espace salon, ascenseur dès 3 étages. Paiement possible par carte de crédit. Pas de climatisation obligatoire.

CINQ ETOILES : Chambre de 24 m2 minimum, sanitaires compris. Lits en 160x200, mini bar, coffre fort, accès internet, télévision avec chaînes internationales et thématiques, nécessaires de correspondance, de couture, à chaussures, penderie fermée, peignoir. Petit déjeuner en chambre possible. Room service 24h/24, sur demande ordinateur, fax ou imprimante dans la chambre. L'hôtel doit proposer un accueil 24h/24, 7j/7 dès 30 chambres, la prise en charge des bagages sur demande, un chariot à bagages, une bagagerie, un service de voiturier, un service réveil personnalisé. Il doit également disposer d'un site internet en deux langues, de personnel parlant deux langues étrangères dont l'anglais et d'un restaurant permettant de dîner 5 jours/7.

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