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Brasserie

InBev: encore 200 emplois à la trappe

Sandrine Vandendooren

Mis en ligne le 24/02/2006

Le groupe a annoncé, hier, sa troisième restructuration en quatre mois en Belgique. Il délocalise ses services administratifs en Hongrie et en Tchéquie. 149 emplois équivalents temps plein sont supprimés, dont la majorité à Jupille.
Jamais deux sans trois. C'est, hélas, vrai pour le personnel d'InBev en Belgique. La direction du premier brasseur mondial, né de la fusion entre Interbrew et le brésilien AmBev, leur a annoncé, jeudi soir, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son troisième plan de restructuration en quatre mois. «Au total, ce sont 149 emplois équivalents temps plein (ETP) qui vont être supprimés en Belgique. Cela concerne plus de 200 personnes. Et 52 employés seront transférés chez des sous-traitants informatiques», nous a expliqué Marc Sparmont, le secrétaire permanent du Setca Liège, à la sortie de la réunion. Cette nouvelle restructuration fait suite à une étude commandée par la direction visant à évaluer l'ensemble de ses services en Europe.

Concrètement, tous les services financiers (facturation, etc.) seront délocalisés en Hongrie, où le groupe a entamé son expansion internationale il y a 15 ans. Les services administratifs liés à l'exportation déménageront, eux, en Tchéquie. C'est le site de Jupille qui paie le plus lourd tribut: 109 postes d'ETP passent à la trappe, concernant quelque 140 personnes. Le siège liégeois occupe actuellement 460 ouvriers et 200 employés. A Louvain, ce sont 25 postes d'ETP qui seront supprimés et 15 emplois seront aussi sacrifiés dans les dépôts. «A Jupille, il ne restera que 32 ETP dans les services administratifs, qu'il faudra reloger dans un autre bâtiment compte tenu de la réduction d'effectifs mais nous ne sommes pas sûrs que ce sera à Jupille», précise le représentant du Setca.

La direction a justifié ce plan par la nécessité de poursuivre la réduction des couts. «Au lieu d'augmenter les prix, on s'attaque aux couts», a-t-elle justifié devant les représentants du personnel. Mais ceux-ci ne sont pas dupes: «c'est ce vendredi que le groupe annonce ses résultats et on sait que les marchés financiers sont friands de ce genre d'annonce, de nature à doper le cours de Bourse.» On l'a vu mercredi avec Heineken, son grand rival. Son cours a bondi en Bourse de 7 pc après l'annonce d'un plan de réduction des couts visant à économiser 200 millions d'euros par an d'ici la fin 2008.

Actions à Jupille?

Après avoir supprimé à la fin de l'année 45 emplois dans son quartier général de Louvain et annoncé la suppression de 232 emplois dans ses brasseries belges (2800 emplois au total), ces nouvelles coupes dans les effectifs risquent d'aggraver le malaise social qui règne dans les sites belges. Une assemblée générale du personnel est prévue ce vendredi matin à Jupille. Des actions ne sont pas à exclure. Mais Marc Sparmont tempère déjà les ardeurs du personnel: «On va l'appeler à la raison car InBev a prévu le coup en augmentant ses stocks dans les dépôts. On réfléchit à des actions nationales.»

© La Libre Belgique 2006

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