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Télécoms
La télé s'intéresse aux recettes du Web
MATHIEU VAN OVERSTRAETEN À PARIS
Mis en ligne le 10/10/2006
Après l'e-commerce et le m-commerce, basés respectivement sur l'Internet et le téléphone mobile, voici que débarque le t-commerce, avec un "t" comme dans "télévision".
Certes, ce nouveau type de commerce n'est pas encore une réalité, mais il fait partie des concepts auxquels réfléchissent les opérateurs télécoms et les fournisseurs d'infrastructures présents cette semaine au "Broadband world forum", à La Défense à Paris.
On sait qu'un certain nombre d'opérateurs, dont Belgacom, ont investi massivement dans le lancement de services de télévision par ADSL pour compenser l'érosion inexorable de la téléphonie traditionnelle. Désormais, ils réfléchissent aussi aux nouvelles sources de revenus que va pouvoir leur procurer cette télévision interactive et numérique.
"Les opérateurs pourraient adopter une sorte de modèle Google, qui gagne 99 pc de son argent grâce aux clics des internautes", explique Giovanni Benini, un des responsables de la division "home entertainment" de Siemens, qui est le fournisseur de la plate-forme Belgacom TV.
Concrètement, cela veut dire qu'en regardant un match de football, le téléspectateur pourrait directement parier sur le résultat final de ce match en cliquant sur le bouton rouge de sa télécommande. Autre exemple : si le téléspectateur regarde un film dont la musique lui plait, il pourrait avoir la possibilité de directement l'acheter, soit en la téléchargeant soit en commandant le disque.
Bien sûr, ce ne serait pas l'opérateur qui fournirait lui-même ces services de t-commerce mais des sociétés tierces. L'opérateur, lui, empocherait quelques cents sur chaque transaction.
Autre source de revenus potentielle : la publicité ciblée. Grâce à des métadonnées enregistrées dans le décodeur, l'opérateur pourra envoyer des annonces basées sur le type de programmes regardés par le consommateur. Si celui-ci a regardé régulièrement la série "Sex and the city" par exemple, on lui proposera de regarder aussi "Desp erate housewives".
Pas pour tout de suite
De manière générale, les chercheurs de Siemens s'intéressent beaucoup à l'avenir de la télévision. Pour eux, il est évident que des phénomènes comme les "blogs" - ces sortes de journaux intimes sur Internet - et YouTube - un site web sur lequel les internautes peuvent diffuser leurs vidéos personnelles (que Google pourrait racheter pour 1,6 milliard de dollars) - vont avoir une influence sur la manière dont les gens consommeront la télévision.
"Le téléspectateur va passer du siège de passager à celui de conducteur", explique Lydia Aldjohann, chercheuse chez Siemens. "La télévision va devenir plus interactive et plus personnalisable : il y aura moyen par exemple de créer sa propre chaine de télévision pour partager ses vidéos, d'envoyer ses réactions sur l'écran de télévision de ses amis lorsqu'on regarde le même programme qu'eux, de voir directement quels amis sont devant leur poste, etc."
Reste qu'il faudra sans doute quelques années pour arriver à ce genre de services en Belgique. Chez Belgacom, on confirme qu'il faut d'abord "éduquer le consommateur" et surtout ne pas le brusquer. "Au début, les gens ne comprenaient pas non plus ce qu'était la vidéo à la demande", dit Thierry Bouckaert, le porte-parole de l'opérateur. "Ce n'est que maintenant que ce service décolle vraiment."
© La Libre Belgique 2006
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