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Internet

Hi-Media accélère son ancrage belge

pierre-françois lovens

Mis en ligne le 09/05/2008

L'ancienne "start-up" française va intensifier ses activités de régie et d'éditeur de sites en Belgique. Son patron, Cyril Zimmermann, lève le voile.

Après avoir "brillamment" (sic) raté son examen d'entrée à la prestigieuse Ecole nationale d'administration (Ena) au milieu des années 1990, Cyril Zimmermann s'est lancé à 24 ans dans le métier de régie publicitaire sur Internet. Douze ans plus tard, Hi-Media - coté sur Euronext à Paris - voit la vie en grand : développement à l'étranger (9 pays actuellement) et la perspective d'un chiffre d'affaires de 140 millions d'euros sur 2008.

Lors de sa création en 1996, Hi-Media n'était qu'une petite régie publicitaire française de sites Internet. Quelles ont été les étapes de votre expansion ?

Entre 1996 et 1998, on a connu un démarrage très tranquille. A l'époque, Internet ne représentait pas grand-chose en France. A partir de 1999, notre business a commencé à s'accélérer, avec une équipe de 25 personnes et un chiffre d'affaires de l'ordre de 3,5 millions d'euros. Dès 2000, on a ouvert des bureaux dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, l'Espagne, le Portugal,... C'était le développement assez typique d'une start-up. Mais il ne vous a pas échappé qu'à la fin de 2000, le marché de l'Internet s'est effondré.

Vous avez tout de même résisté à l'éclatement de la "bulle".

Oui, même si on a souffert. En à peine un mois et demi, le chiffre d'affaires de Hi-Media a été divisé par deux (de 19 à 8 millions d'euros) et l'effectif a fondu de 180 à 40 personnes. On a tenu le coup jusqu'au véritable démarrage du marché de la publicité sur Internet, c'est-à-dire en 2003. On a aussi fait le choix, pour contrer les cycles conjoncturels du marché publicitaire, de lancer une plateforme de micro-paiements en ligne (Allopass), qui a permis à Hi-Media de consolider ses recettes. De 2003 à 2006, le chiffre d'affaires a grimpé jusqu'à 70 millions d'euros et nous sommes devenus rentables dès 2004. Aujourd'hui, Hi-Media pèse plus de 100 millions de chiffres d'affaires (NdlR : dont la moitié réalisée en France), dégage un résultat opérationnel de 15 millions d'euros et emploie 369 personnes.

Des performances qui s'expliquent, notamment, par votre entrée dans le métier d'éditeur de sites Internet. Pourquoi une telle diversification ?

Dès le moment où on avait la capacité de monnayer l'audience de sites tiers à travers la régie et le micro-paiement, il est apparu que, sur un certain nombre de marchés, nous étions les mieux placés pour devenir éditeur de sites. A partir de 2006, on a donc commencé à racheter des sociétés qui avaient un savoir-faire sur le contenu, comme jeuxvideo.com (premier site francophone dans le domaine). On a lancé des sites sur les programmes TV, le cinéma, les femmes, etc. Et, bien entendu, il y a eu en novembre 2007 l'acquisition du réseau social Fotolog (lire ci-dessous). Aujourd'hui, notre quinzaine de sites réunit déjà 28 millions de visiteurs par mois.

Pourquoi s'être intéressé au marché belge, apriori assez marginal à l'échelon international ?

C'est un marché difficile, car assez spécifique, mais intéressant dans la mesure où on ne trouve pas énormément d'acteurs comme nous. Il est moins concurrentiel que la France, l'Espagne ou la France. Aujourd'hui, nous sommes dans le "top 4" belge. Hi-Media y réalise entre 5 et 6 pc de son chiffre d'affaires. Et on veut accélérer notre présence en Belgique. On est ainsi en train de déployer plusieurs versions belges de nos sites, comme Monprogrammetv, Fotolog, Actustar,... Nous sommes aussi en phase de recherche de sites belges à acquérir, avec l'objectif de répéter la stratégie suivie en France. Enfin, en termes d'investissements publicitaires sur Internet, il reste clairement un potentiel important sur le marché belge au regard d'autres marchés européens.

On a évoqué votre intérêt pour Skynet, le portail Internet de Belgacom. Qu'en est-il ?

(Rires) C'est Belgacom qui décidera ce qu'il veut en faire. Les signaux ne sont pas très clairs.

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