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Holdings - Saga Fortis

Vers un veto des actionnaires de Fortis

Philippe Galloy

Mis en ligne le 04/02/2009

Ping An a l’intention de voter contre le transfert d’actifs de Fortis à BNP lors de l’AG du 11 février. Ajouté à la fronde des petits actionnaires, ce rejet devrait recaler l’accord de fin janvier. Conséquences ? Les interprétations divergent.

Ça barde, chez Fortis ! Ping An s’apprête à voter contre les propositions qui seront soumises à l’assemblée générale (AG) du groupe financier le 11 février. Pour le principal actionnaire du holding belge, dont un avocat s’est confié à l’agence Bloomberg mardi, le nouvel accord conclu vendredi dernier sur le transfert d’actifs de Fortis à BNP Paribas "n’est pas suffisant".

L’opposition de Ping An, qui détient 5,1 pc des actions du groupe belge, s’ajoute à la fronde des petits porteurs qui jugent le nouvel accord insuffisant et qui réuniraient 10 pc du capital. Etant donné la structure très éclatée de l’actionnariat du holding financier, on s’achemine clairement vers un rejet des transactions qui seront soumises au vote des actionnaires dans exactement une semaine. En effet, comment la direction de Fortis pourrait-elle réunir des votes favorables en plus grand nombre que ceux des opposants ? Lors de la dernière AG, le 19 décembre 2008, 22,84 pc du capital étaient représentés Et ce pourcentage avait culminé à 23,39 pc lors de l’AG du 2 décembre, record d’affluence pour une réunion des actionnaires de Fortis. Conclusion : vu le vote négatif que comptent émettre des actionnaires qui détiennent 15 pc du capital du groupe, le véto semble inévitable.

Que décidera le nouveau CA ?

La mise à l’écart de Ping An lors des négociations entre Fortis, BNP Paribas et l’Etat belge (LLB 3/2) risque donc de se payer cash. Le gouvernement fédéral avait pourtant entamé des négociations directement avec les autorités chinoises, Pékin étant indirectement le second actionnaire de Ping An, derrière le holding financier HSBC. Peine perdue puisque le groupe chinois s’apprête à voter "non", ce qui devrait conduire à un rejet des transactions. Si ce scénario se vérifie, que se passera-t-il ? Là, les points de vue divergent, selon que l’on écoute la direction de Fortis ou les petits actionnaires. D’après les documents préparatoires de l’AG du 11 février, les dirigeants actuels du groupe financier estiment qu’un vote défavorable sur les transferts à BNP tels que négociés fin janvier aboutirait à lier les parties selon l’ancien accord, conclu en octobre 2008. Pour rappel, celui-ci prévoyait la vente de Fortis Insurance Belgium et de 75 pc de Fortis Banque à BNP. Fin janvier, pour tenter de convaincre les actionnaires, les parties avaient revu les termes du contrat, laissant 90 pc des assurances dans le holding. Refuser cette nouvelle mouture de l’accord reviendrait, selon la direction de Fortis, à réhabiliter l’ancien.

Pour les défenseurs des petits porteurs, la réalité est tout autre : en cas de vote négatif à l’AG, il faudrait continuer à appliquer la première mesure de l’arrêt de la cour d’appel du 12 décembre, soit la suspension des transactions avec BNP. Ce qui laisserait Fortis Insurance dans le holding et Fortis Banque entre les mains de l’Etat belge. Reste à voir comment le futur conseil d’administration de Fortis interprètera l’arrêt. Car on l’oublie parfois : l’AG du 11 février doit aussi nommer de nouveaux administrateurs. Enfin, on ne peut exclure de nouvelles procédures judiciaires, qu’elles émanent des petits porteurs, de l’Etat belge, de BNP ou de Fortis. Vous avez dit "imbroglio" ?

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