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Les économistes face à 2010 | 2/6
Noels : "Pas très optimiste pour 2010"
Ariane van Caloen
Mis en ligne le 29/12/2009
Quand on l’avait interrogé en juillet, Geert Noels, fondateur de la société Econopolis, s’était montré très prudent. Il s’en était tenu à sa règle de ne pas faire de pronostics à court terme sur différents paramètres économiques (indices boursiers, cours de change, taux de croissance, etc.). Six mois après, il n’a pas changé de position. Ce qui ne l’empêche pas de répondre à des questions plus générales sur les perspectives pour 2010.
Y a-t-il eu des surprises sur le terrain économique au cours des six derniers mois ?
Il y a toujours des surprises. Une d’entre elles est peut-être la lenteur de la restructuration du secteur financier. On revient à la vie normale grâce à beaucoup de supports artificiels tels que les politiques monétaires et budgétaires.
Certes, des réformes ont été entamées. Les mentalités changent notamment au niveau des bonus des banquiers. Mais sur le problème fondamental "too big to fail", on voit très peu de changement, si ce n’est peut-être en Europe. Je m’attendais à plus de changements structurels.
N’y a-t-il pas une plus profonde remise en cause du système bancaire en Europe qu’aux Etats-Unis ?
Sans doute, même si l’Europe n’a pas encore résolu un certain nombre de problèmes. Je pense aux importantes aides publiques accordées à certaines institutions mais aussi au niveau encore élevé des actifs toxiques se trouvant dans les bilans de certaines banques.
Ce qui est, en revanche, positif c’est que le modèle twin peaks - où les banques centrales reprennent la supervision des banques systémiques- se généralise dans la zone euro. Ce sera plus facile pour la Banque centrale européenne de reprendre la supervision des grandes banques systémiques.
Les évènements de ces dernières semaines avec le moratoire demandé par Dubai World et les problèmes budgétaires rencontrés par la Grèce ne constituent-ils pas une mauvaise surprise ?
Dubaï était un sujet de préoccupation pour pas mal de gens déjà depuis un certain temps. Quant aux problèmes budgétaires, ils ne sont pas limités à la Grèce. On peut faire le même constat pour l’Irlande, le Royaume- Uni ou même les Etats-Unis dont le déficit dépasse les 10 %. Ce problème d’endettement va être encore plus flagrant en 2010. Des grandes institutions du genre méga holdings vont être confrontées aux mêmes types de problèmes.
Voyez-vous d’autres sujets de préoccupations pour 2010 ?
Pour moi, le problème de déflation est toujours très présent. Cela aura un impact négatif sur les marges des entreprises, sur le chômage.
Je ne suis pas très optimiste pour 2010. Les statistiques sont bonnes mais l’économie réelle ne l’est pas. La reprise ne va pas de pair avec une relance de l’emploi.
Y a-t-il une évolution que vous n’aviez absolument pas pressentie ?
Je ne m’attendais pas à un optimisme béat des investisseurs. Je m’attendais plutôt à beaucoup de volatilité sur les marchés. Je n’avais pas prévu un tel retour à la normale.
Je suis étonné par la vitesse du dérapage des déficits. On dépasse les 10 % dans beaucoup de pays, ce qui est surprenant.
Et puis, il y a aussi le changement des mentalités vis-à-vis de ce dérapage des finances publiques. On voit renaitre les théories de Keynes défendues par des économistes reconnus comme l’ancien prix Nobel d’Economie, Paul Krugman. Celui-ci a cité en exemple la politique budgétaire de la Belgique ou de l’Italie pendant les années 80 !
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