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La crise de l’euro liée aux dérivés
Mis en ligne le 08/02/2010
Les spéculateurs se sont rués sur le marché de la dette en Europe, à la faveur de la crise de confiance entourant les économies grecque, portugaise et espagnole et au risque d’aggraver encore les difficultés de ces trois pays de la zone euro, selon des experts. Les inquiétudes entourant l’endettement et les déficits record de l’Espagne et du Portugal ont fait plonger depuis jeudi les marchés boursiers. Ceux-ci redoutent un scénario similaire à celui de la Grèce, pays plombé par la débâcle financière et placé mercredi sous la quasi tutelle de l’Union européenne.
Après Athènes, Lisbonne a dénoncé à son tour des attaques spéculatives d’investisseurs au "comportement irrationnel". Plusieurs experts confirment une large spéculation, œuvre en grande majorité des hedge funds, fonds de gestion spéculatifs. Ces spéculateurs parient sur la baisse du prix des obligations émises par le trésor grec, portugais ou espagnol. Ils se ruent ensuite sur les produits dérivés permettant de s’assurer contre le risque de défaut de paiement d’un Etat ou d’une entreprise, appelés Credit Default Swap (CDS). "Dans le contexte actuel, les craintes de défaut de paiement de la dette de la Grèce ont augmenté. Elles sont probablement injustifiées, mais la panique n’obéit pas à des critères rationnels", explique Jean-François Jamet, économiste à la fondation Robert Schuman. Les investisseurs qui ont acheté des bons du trésor grecs veulent se prémunir contre un éventuel défaut de paiement en achetant pour se couvrir ces fameux CDS. Résultat : "si on est un spéculateur et qu’on veut gagner de l’argent, la première chose qu’on peut faire c’est acheter des CDS pour les revendre plus chers ensuite, en faisant le pari que la valeur va augmenter", dit M. Jamet. "C’est le nouvel angle d’attaque. Avant on spéculait sur les monnaies mais ce n’est plus possible à cause de l’euro", renchérit Sébastien Korchia, gérant chez Meeschaert asset management. "Le marché des CDS sur les emprunts grecs a explosé ces derniers jours" confirme un gestionnaire d’obligations d’une grande banque française. En corollaire, les taux d’intérêts des emprunts grecs montent pour attirer les prêteurs de moins en moins nombreux. "Or des couts d’intérêts plus élevés, ce sont des difficultés en plus pour rembourser et donc des inquiétudes encore renforcées sur les marchés", dit M. Jamet. (AFP)
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