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Commerce | Dépôt-vente
"Pas le magasin du pauvre"
So.De.
Mis en ligne le 12/03/2010
Une tête de Bouddha à 39 euros, une guitare folk aux couleurs de l’Union Jack à 169 euros, ou encore une "bergère en bois doré tissu panthère" (299 euros). Voici ce que l’on peut trouver parmi les 10 000 "objets de la maison" du Troc.Com de Braine-l’Alleud, l’un des 30 magasins du groupe en Belgique. Le concept ? Des propriétaires qui souhaitent se séparer de meubles, d’appareils ménagers ou d’objets d’art peuvent les confier à l’un de ces dépôts-vente. Les "déposants" fixeront un prix de vente avec un "expert" de Troc, à travers un contrat. Une fois l’objet vendu, l’argent sera versé sur le compte du vendeur. Troc prélève une commission qui varie entre 38 et 45 % du prix de vente. En 2009, le "leader sur le marché du dépôt-vente" a réalisé un chiffre d’affaires de 25,5 millions d’euros pour la Belgique et le Luxembourg. Et Pierre Boseret, directeur général pour les deux pays depuis février, table sur une croissance de 3 % pour 2010. En Belgique, le groupe, par rapport à l’année dernière, a enregistré une croissance de quelque 4 %. La crise, malgré un "petit tassement" fin 2008-début 2009, aurait plutôt tendance à profiter aux dépôts-ventes : "Certaines personnes, à cause d’un pouvoir d’achat moindre, viennent peut-être de manière moins fréquente, mais depuis la crise, nous avons de nouveaux clients (environ 15 % en plus) qui ne franchissaient pas le pas et qui rentrent maintenant dans le magasin, constate M. Boseret. Nous avons aussi davantage de déposants. Auparavant, un magasin comptait 250-300 contrats par mois. Maintenant, il est très régulier qu’un magasin soit entre 300 et 400 contrats. Cependant, les gens viennent déposer des petites choses. Car, avec la crise, les gens achètent moins de meubles neufs, donc on a un peu de plus de difficultés à trouver des meubles à mettre en vente. On doit un peu plus "chasser" !"
Mais pour Benoît Savoldi, gérant du magasin brainois, la crise peut aussi aider à changer l’image qu’ont les gens du seconde main. "Elle peut aider à ce que ce soit plus normal. A ce que les gens se disent "acheter des meubles de seconde main, pourquoi pas ?". Et à ce qu’acheter du neuf ne soit pas un réflexe automatique." Chez Troc, on insiste : "On pense que Troc est le magasin du pauvre, ce n’est pas le cas. En général, les gens qui y viennent ont les moyens. Mais ils réfléchissent avant d’acheter !" Si le profil des déposants est de "l a classe moyenne supérieure", celui de l’acheteur est très varié : "Cela peut aller de la personne qui recherche un Chesterfield qui a un peu vécu, à des jeunes qui aiment le vintage, ou tout simplement quelqu’un qui ne peut pas se permettre d’acheter du mobilier ou une machine à laver neufs..." énumère Pierre Boseret. Selon Troc, 80 % des marchandises sont vendues dans les deux mois. Le "filtre est important" : l’objet doit être de bonne qualité, complet... Le prix sera aussi fixé en fonction de la "tendance". "Notre job, c’est de crédibiliser l’objet qui rentre, poursuit Benoît Savoldi. L’intérêt du déposant, c'est le nôtre. Au plus on vend cher, au mieux on se porte. Mais il faut aussi être dans le prix du marché, sinon le client n’achète pas. Et nous connaissons le prix du marché." En Belgique, Troc possède quatre filiales. Le reste des magasins est en franchise. La Wallonie, avec 17 magasins, est "presque à saturation" , mais le groupe aimerait trouver des personnes pour créer une dizaine de magasins en Flandre.
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