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Systèmes électroniques | Faillite
Deux candidats repreneurs pour la société Mitra
So. De.
Mis en ligne le 19/03/2010
Jeudi, les 192 travailleurs de la société Mitra (ex-Cherokee), à Wavre, avaient été priés de ne pas se présenter sur le site. Leur société, spécialisée dans les systèmes électroniques de conversion d’énergie, a été déclarée en faillite mercredi. Hier, des "contacts formels et directs" ont eu lieu avec deux candidats repreneurs, selon la curatelle. Il s’agit d’entreprises qui étaient déjà en contact avec Mitra auparavant. Selon Me Speidel, le passif de l’entreprise est d’environ 8 millions d’euros, et ce sont les difficultés financières qui expliqueraient la faillite. Pour le curateur, c’est "une très belle entreprise, avec de beaux clients, de bons vendeurs, et de bons produits". Mais cela ne rend pas forcément une société rentable, car une production de ce type coute cher en Belgique, note-t-il. Et il semble que "la production en Belgique soit condamnée". Il n’y a, apparemment, pas eu de proposition pour un maintien de la production chez nous, ce qui concernerait une centaine d’ouvriers. Pour Me Speidel, il est aussi impossible de dire à ce stade s’il y a eu une faute de management. Même si des critiques visent la gestion de l’ex-CEO Eric Brouwers, qui a racheté, par un MBO individuel et pour un euro, la société dont un groupe financier américain voulait se séparer. Selon la CSC, "depuis un an et demi, il cherchait des partenaires, qui se présentaient. Mais lorsqu’ils voyaient qu’il ne mettait pas d’argent, ils se retiraient " Certains craignent aussi que M. Brouwers prépare une société pour la reprise, mais le curateur "n’ a strictement aucun élément qui permette de donner foi à cela". La CSC rappelle aussi que Mitra avait reçu le concours de la Région wallonne via la Sogepa, qui a financé la moitié du salaire d’un manager intérimaire. "Mais malgré tous les efforts, on arrive à un résultat zéro." Outre les syndicats, certaines sources connaissant bien Mitra mettent en doute les compétences de ce manager et parlent "d’erreur de la Région " : "E lle n’a pas suffisamment veillé à l’orientation stratégique que le mandataire intérimaire devait avoir." A la Sogepa, où le responsable était injoingnable, on remarque que celle-ci n’a pas eu de prise de participation dans Mitra. Au cabinet du ministre de l’économie, on préfère parler d’un "soutien" de la Région. Et on précise que la mission de l’intérimaire, qui devait retrouver des partenaires potentiels, "en pleine crise financière, n’est pas la chose la plus aisée". La Région a répondu à l’appel du nouveau repreneur, mais elle n’avait pas "à s’immiscer" davantage dans la gestion journalière d’une société privée. A bonne source, on nous dit que Mitra était déjà déficitaire lors de la reprise, que la crise a fait baisser le chiffre d’affaires de 30 % et que la "direction a a été jusqu’au bout dans ce qui pouvait être fait". Elle aurait ainsi contacté une centaine d’investisseurs. Qui ont refusé d’investir, car si la société continuait, il aurait fallu externaliser la production, et donc restructurer. "Et aucun investisseur n’était prêt à investir dans un plan social."
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