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Automobile | Leasing

Voiture de société plus propre ?

Patrick Van Campenhout

Mis en ligne le 19/03/2010

Pour le directeur général d’Arval Belgique, c’est une réalité. En cause, une gestion économique et une conscientisation sociétale.
Rencontre

Le leasing automobile "intelligent" peut-il aller dans le sens d’une réduction de la production de CO2 dans notre pays ? C’est en tout cas ce que prétend Stéphane Verwilghen, directeur général de la société de leasing Arval (groupe BNP Paribas). Comment un prestataire de services dans un tel secteur peut-il se poser en exemple ? Il lui suffit, assure-t-il, d’anticiper et mettre en pratique les décisions politiques prises en la matière.

Pour Stéphane Verwilghen, le rôle de la société de leasing ne se résume pas à l’acte de financement et à la récolte des mensualités. "Ce que nous offrons de différent, c’est un service global, fonction de la demande des clients et du type de clients. Notre offre va de la gestion des véhicules à celle de la flotte de l’entreprise, avec une approche qui est pourtant fort semblable. Quand nous gérons pour nos clients, nous leur apportons une vue qu’ils ne peuvent avoir, et nous leur proposons une fois par an un bilan d’une dizaine de pages dans lequel nous reprenons les éléments de réflexion qui vont de la position de l’entreprise au travers de sa flotte en matière de consommation face aux demandes de "durabilité" des sociétés, en évaluant les facteurs de consommation qui varient selon les conducteurs, en passant par l’impact CO2 moyen, ou encore le nombre relatif de PV reçus "

En quoi ce travail est-il rentable en termes de réduction des émissions de CO2 ? "Nos conseils qui vont dans le sens d’une maitrise des couts pour l’entreprise tout en conservant pour les employés le côté attractif des véhicules, ou simplement les qualités pratiques exigées par leur destination, sont évidemment impactés par l’évolution des prix du carburant, et par la fiscalité spécifique aux véhicules de société. Ce que nous faisons, c’est trouver le meilleur équilibre entre économie, écologie et motivationnel. Mais aujourd’hui, la discrimination fiscale et sociale est de plus en plus axée sur les émissions de CO2. Si la flotte de l’entreprise a été gérée dans cette perspective, l’impact des mesures prises au niveau politique est réduit", explique encore Stéphane Verwilghen.

En pratique, peut-on mesurer les émissions moyennes des flottes ? "Oui, et d’ailleurs, ces chiffres sont disponibles à l’échelle de notre pays. Dans une récente mise à jour, la Febiac reprend les émissions moyennes de CO2 des nouvelles immatriculations effectuées en 2009. Les entreprises affichent une émission moyenne de 155,2 grammes/km, les indépendants, 146,2 grammes, les particuliers 137,7 grammes, et les loueurs à long terme, 140,7 grammes".

Les loueurs sont moins performants que les particuliers ? "Oui, mais les particuliers roulent dans des voitures globalement plus petites que les employés disposant d’un véhicule de société. Et puis, il y a la fiscalité qui est différente : c’est la carotte pour le particulier et le bâton pour les entreprises "

Plus sérieusement, le Belge reste soucieux de montrer, par le biais de son véhicule d’entreprise, son niveau de réussite sociale ? "C’est vrai, mais les mentalités changent et dans beaucoup d’entreprises, les patrons ne sont plus troublés par le fait de voir un de leurs directeurs rouler dans une voiture plus imposante que la leur. Ici, chez Arval, mais c’est le cas dans de plus en plus d’entreprises, nous faisons valoir les arguments de responsabilité sociale, et nous passons globalement à d’autres véhicules en visant un confort équivalent pour une consommation moindre".

Mais la consommation est un poste réduit par rapport au cout total d’un véhicule. "C’est vrai, mais les dispositions fiscales rendent ce poste bien plus lourd depuis le 1er janvier dernier. Vous savez que les frais de carburant ont vu leur niveau de déductibilité passer de 100 % à 75 % C’est la décision la plus chère que nous ayons eue à encaisser depuis au moins 5 ans. Les nouvelles mesures fiscales représentent en moyenne un cout supplémentaire de 40 euros par an pour l’employé en matière d’avantages de toute nature. Mais pour l’employeur, la modification de la déductibilité des couts automobiles pèse 30 euros par an, auxquels il faut ajouter 170 euros de différence en termes de déductibilité de frais de carburant. Soit un total de 240 euros/an et par employé".

Sans compter que les entreprises subissent la crise ? "Ici, nous avons proposé aux entreprises désireuses de réduire leurs dépenses de prolonger la durée de leurs contrats d’un an, pour passer à 5 ans au total" . C’est en anticipant le durcissement de la fiscalité que les entreprises de leasing participent à la réduction des émissions. Mais donnent-elles le ton pour les nouvelles générations de véhicules hybrides ou électriques ? "Le cas des hybrides est spécial, en raison du fait qu’elles n’existent aujourd’hui qu’en version essence, ce qui les rend nettement plus chères à l’usage qu’une voiture classique diésel. Elles ne sont donc pas très appréciées par les entreprises. Par contre, les entreprises donneront le ton en matière de voitures électriques, parce que leur prix d’achat sera très élevé, et parce qu’elles seront les premières à disposer de bornes de chargement".

On retiendra ici que les mesures en faveur des voitures économes en carburant destinées aux particuliers handicapent les loueurs lors de la revente des véhicules en raison de la différence de prix à l’achat (qui peut aller jusqu’à 4000 euros en faveur d’un particulier). Equations complexes

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