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Technologie | Pharma

La nouvelle vie d’IBA en médecine nucléaire

Ariane van Caloen

Mis en ligne le 03/09/2010

L’entreprise belge a inauguré hier un nouveau centre à Saclay. L’occasion de mettre en avant ses ambitions pour l’avenir.
à Paris

En médecine, quelque 20% des diagnostics sont incorrects et 63% des plaintes proviennent de mauvais diagnostics. Résultat: les patients paient et souffrent pour de mauvais traitements. Ces chiffres et conclusions ne font pas seulement réfléchir, ils sont aussi un des moteurs du développement de l’entreprise néo-louvaniste IBA. Ils ont été mis en avant jeudi devant un panel de médecins par Renaud Dehareng, le patron de la division "pharma" d’IBA à l’occasion de l’inauguration du nouveau centre de production de molécules radio-pharmaceutiques situé à Saclay, une petite "Silicon Valley" basée à proximité de Paris. Ce fut aussi l’occasion pour lui de délivrer un message prometteur pour l’avenir sur un plan commercial. "Nous sommes convaincus que la médecine nucléaire va se transformer en médecine individualisée. Un des objectifs est de vous montrer que vous choisissez un partenaire fort", a-t-il assé.

Cela fait deux ans que l’entreprise belge est devenue propriétaire à 100% du site de Saclay, qui emploie environ 400 personnes. Elle a racheté la part détenue par l’IRE (Institut national belge des radioéléments) avec lequel elle vient d’ailleurs de nouer un nouveau partenariat et qui est son deuxième actionnaire. Elle a depuis lors investi 70 millions d’euros sur le site de Saclay. Montant qu’elle a pu puiser dans les fonds laissés par Schering, l’ancien actionnaire.

L’investissement a notamment servi à répondre aux normes règlementaires dans les secteurs pharma et nucléaire. Il a également permis d’améliorer la productivité. Car les clients -essentiellement les hôpitaux - sont de plus en plus demandeurs et exigeants. "On doit pouvoir livrer à 17 heures un produit commandé à 10 heures. On a les mêmes contraintes que les livreurs de pizzas!", explique Christophe Bourillon, dirigeant du centre. Mais plutôt que de pizzas, on parle ici de doses (liquides) qui seront injectées chez les patients. "C’est l’usine la plus moderne d’Europe dans ce domaine", renchérit fièrement le CEO d’IBA, Pierre Mottet. C’est aussi le plus grand centre de production de l’entreprise.

Les différents laboratoires produisent des radio-isotopes à longue vie (c’est-à-dire de 7 jours maximum) envoyés dans les hôpitaux pour différentes utilisations (la visualisation des tumeurs et le traitement) en médecine nucléaire. Exemples: le traitement d’un cancer de la thyroïde ou des traitements des douleurs de métastases osseuses ou de problèmes cardiaques.

Le site de Saclay réalise un chiffre d’affaires d’environ 50 à 60 millions par an, mais ne dégage pas encore de bénéfice. Elle pourrait revenir dans le vert "modestement" dès l’année prochaine, si l’on en croit le CFO, Jean-Marc Bothy. "Avec ce nouveau centre, on a acquis une énorme expertise sur le régulatoire et sur la radio expertise", dit-il. "On essaie de faire la transition d’une médecine statique vers une médecine personnalisée", explique de son côté Pierre Mottet. Lequel part du principe qu’un meilleur diagnostic donnera une meilleure thérapie et, donc, limitera les dépenses en soins de santé. Un argument pour tous les ministres qui doivent réduire leurs budgets de santé

Un des messages forts qu’IBA a voulu faire passer, hier, c’est qu’elle veut développer, en partenariat avec d’autres entreprises, des molécules "propriétaires" plus rentables que les molécules génériques. Outre l’oncologie (traitement du cancer), elle veut se développer dans la neurologie et la cardiologie. Elle travaille notamment sur le diagnostic du cancer du rein ou de la maladie d’Alzheimer. IBA entend ainsi entrer dans une dynamique de "biotech".

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