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Surveillée, l’Italie refuse toute aide
Mis en ligne le 05/11/2011
L’Italie, dont la dette et le manque de crédibilité font trembler le G20, est désormais sous surveillance du FMI qui va contrôler avec Bruxelles la mise en œuvre des promesses d’un gouvernement Berlusconi très fragile, qui refuse en revanche toute aide financière.
L’Italie a "demandé que le Fonds puisse surveiller, certifier publiquement tous les trois mois l’état d’avancement de nos réformes", a déclaré M. Berlusconi, à l’issue du G20 à Cannes, confirmant l’annonce faite peu de temps auparavant par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Le Cavaliere a toutefois cherché ensuite à minimiser ses propos en assurant qu’il ne s’agissait que d’une "certification" et non d’une "surveillance" et que cela ne comportait "aucune limitation" de la souveraineté de l’Italie.
Signe des inquiétudes croissantes de ses partenaires, qui craignent que l’Italie ne soit emportée par la crise de la dette, le FMI "nous a même offert des fonds que nous avons refusés, en remerciant", a révélé M Berlusconi, qui juge également que son pays n’a "pas besoin" du Fonds de secours européen. Comme il le fait depuis le début de la crise, M. Berlusconi a assuré qu’il n’était "absolument pas inquiet" et que les attaques des marchés étaient "passagères". Toutefois, les taux italiens à dix ans ont atteint un nouveau record historique vendredi après-midi à 6,404 %.
Dans le cadre de cette surveillance du FMI et de Bruxelles, M. Barroso a fait savoir que des représentants de la Commission se rendraient à Rome "dès la semaine prochaine" pour entamer leurs évaluations. Dans la péninsule, l’annonce de cette surveillance a suscité les réactions indignées de l’opposition de gauche. "L’Italie est devenue, grâce à l’incapacité du gouvernement Berlusconi, un prisonnier sous haute surveillance de la communauté internationale", a lancé Alberto Losacco, du Parti démocrate, tandis que Massimo Donadi, de l’Italie des Valeurs, a parlé de la "mise sous tutelle" d’un "gouvernement fantoche". Malgré l’adoption cet été de mesures d’austérité devant lui permettre de parvenir à l’équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette colossale (120 % du PIB), et des promesses de réformes économiques, les marchés ne semblent plus croire à la capacité de Rome de faire face à la crise. Même la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en a fait le constat vendredi en estimant que le problème de l’Italie était un "manque de crédibilité des mesures qui ont été annoncées". Le gouvernement de Silvio Berlusconi a pourtant adopté mercredi soir une partie des mesures promises la semaine dernière à Bruxelles. Cession de biens publics, libéralisation de professions règlementées et des services publics locaux ou simplification des procédures administratives : ces mesures seront approuvées le 15 novembre par le Sénat puis par la Chambre des députés et entreront en vigueur "dès la fin du mois". (D’après AFP)
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