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FMI à la Belgique : "Taxer plus l’immobilier"

F.C.

Mis en ligne le 28/01/2012

VIDEO Le FMI vient de rendre son rapport annuel sur l’état de l’économie belge. Stagnation, fiscalité du travail trop élevée… Il faudra poursuivre les efforts.

Ce qu’il y a de bien avec le FMI (Fonds monétaire international), c’est la grande constance de ses conseils aux nations. En ce qui concerne la Belgique, la mission de l’organisation internationale, qui a terminé cette semaine son évaluation de notre économie, a retapé sur des clous déjà bien usés : indexation automatique des salaires, cout du travail, équilibre des finances publiques Alors que le FMI évalue à 0 % environ le taux de croissance économique pour 2012 et à 0,8 % pour l’année prochaine, il estime particulièrement important que la Belgique poursuive ses efforts pour ramener son déficit public en dessous de 3 % du PIB.

"Pour stimuler la croissance, il faudra créer plus d’emplois et, pour cela, il faut agir sur la taxation sur le travail qui est très élevée en Belgique, a expliqué vendredi Erik De Vrijer, chef de la mission du FMI, lors d’une conférence de presse à la Banque nationale. Mais, parallèlement à cet abaissement de la fiscalité sur le travail, il faudra trouver d’autres sources de revenus pour l’Etat, afin de sauvegarder l’équilibre des finances publiques. Par exemple, en jouant sur les taxes environnementales et en taxant davantage la propriété, notamment au niveau immobilier." On peut penser, notamment, à une augmentation des droits d’enregistrement.

Et sur l’indexation automatique des salaires ? "Le système d’indexation automatique des salaires pose une série de problèmes. Par exemple, l’inflation est clairement à un niveau plus élevé que celui d’autres pays, notamment en raison de l’augmentation des prix de l’énergie. Nous recommandons donc à la Belgique de reconsidérer ce système."

Plus précisément, le FMI s’attend à ce que l’inflation reste supérieure à 2 % en 2012, ce qui risque de mettre le budget fédéral sous pression et d’affaiblir la compétitivité de la Belgique. Tiens, puisqu’on parle des prix de l’énergie : l’institution internationale appelle à un renforcement de la concurrence dans le secteur.

Toujours au sujet de l’indexation de salaires, sans surprise, le chef de la mission appelle plutôt à des négociations secteur par secteur. Cela limitera, estime le FMI, la pression sur les finances publiques et permettra de limiter les restructurations de personnel dans les secteurs particulièrement touchés par la récession.

Sinon, le FMI apprécie manifestement la batterie de mesures adoptées par le nouveau gouvernement fédéral pour s’attaquer aux problèmes économiques structurels. "Nous apprécions par exemple les mesures adoptées pour augmenter l’emploi chez les jeunes et chez les plus âgés. Ce n’est pas seulement pour la croissance mais aussi pour la viabilité du système de pensions, afin que celles-ci restent payables" , explique encore Erik De Vrijer.

Toutefois, relève le FMI dans un document synthétisant l’analyse de sa délégation, "des pas supplémentaires pourraient être nécessaires afin de réaliser les objectifs du gouvernement. Un dialogue à l’échelle nationale devrait être lancé pour poursuivre la réforme des pensions, pour rapprocher l’âge réel de départ à la retraite de l’âge légal."

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